Plaidoyer en Belgique

Gardons les frères et sœurs ensemble lors des placements

Cela semble aller de soi mais, pourtant, cela ne l’est pas : les enfants qui ne peuvent plus grandir chez leurs parents se retrouvent encore trop souvent séparés de leurs frères et sœurs. Aujourd’hui, aucune loi n’empêche cela. C’est pourquoi nous voulons changer cette situation en collaborant activement avec d’autres acteurs.

Inscrire dans la loi le droit des frères et sœurs de grandir ensemble

pour que le lien des fratries soit officiellement protégé

Repenser l’organisation de l’Aide à la jeunesse

pour que les frères et sœurs ne soient plus séparés

Investir dans la force des relations familiales

plus la famille est forte, plus l’enfant est fort

La situation aujourd’hui

Notre enquête « Nous sommes des jeunes comme les autres, malgré nos parcours particuliers » montre que trois jeunes adultes sur quatre ayant vécu dans l’Aide à la jeunesse n’ont pas de famille sur qui compter quand ils ont besoin d’un soutien pour prendre des décisions ou quand ils demandent un soutien affectif. L'une des explications ? Les frères et sœurs sont souvent séparés lorsqu'ils doivent être placés.

Selon un récent sondage, 82 % des jeunes interrogés ayant une expérience dans l’Aide à la jeunesse n’ont pas grandi avec un ou plusieurs frères et sœurs.  

« Je m’inquiétais pour eux, mais ne pouvais rien faire. Je ne pouvais pas les soutenir, pas leur dire que j’étais là pour eux. Et maintenant, j’ai quatre frères et sœurs que je ne connais pas, j’ignore ce qu’ils font dans la vie. » Lisez l’intégralité du témoignage ici.

Idriss Dauphin

Pourquoi grandir ensemble est essentiel

L’interaction entre frères et sœurs est une sorte de « laboratoire d’expérimentation » pour les enfants, où ils peuvent tester leurs limites. Se disputer mais pouvoir rejouer ensemble un quart d’heure plus tard. Le mélange unique entre solidarité, rivalité et amour qui existe entre eux leur permet de poser des actes qui ne seraient pas admissibles dans d’autres relations.

C’est la raison pour laquelle cette relation est si importante pour le développement. Pour les enfants qui grandissent dans l’Aide à la jeunesse, le lien de fratrie est encore plus important. Il y a trois raisons principales à cela :

  1. Un passé commun
    Ils partagent un même passé, une même histoire avec leurs parents, c’est-à-dire les mêmes interrogations, frustrations et émotions. Cela crée un lien important pour donner une place à ce passé.
  2. La relation familiale la plus durable
    Frères et sœurs sont souvent les uns pour les autres le dernier lien avec leur famille d’origine. Comme ils sont aussi de la même génération, ce lien est la relation familiale la plus durable.
  3. Le début d’un réseau social
    En raison de leur passé agité, la plupart ont noué peu d’amitiés ou de relations familiales solides. Cela devient surtout un problème lorsque, le jour de leurs dix-huit ans, ils sont amenés à vivre seuls. D’une part, ils n’ont personne pour les aider à relever les défis auxquels ils sont confrontés. Ensuite, ils souffrent souvent de solitude. La fratrie est alors le premier pas vers le développement d’un réseau social.

« La relation entre frères et sœurs est un monde en soi. Quand on les voit ensemble, on peut considérer leur comportement et leurs émotions comme un ensemble et on dispose de toutes les pièces du puzzle. » En savoir plus.

Stéphanie Haxhe, psychologue et ancienne collaboratrice chez SOS Villages d’Enfants

Garder les fratries unies : un principe de base dans nos projets

Donner aux frères et sœurs la chance de grandir ensemble est un principe qui se trouve au cœur de nos projets, aussi bien en Belgique qu’à l’étranger. Dans notre Village d’Enfants SOS Chantevent, près de Marche-en-Famenne, 8 enfants sur 10 vivent au quotidien avec un ou plusieurs frères et sœurs. Nous adoptons la même approche dans notre Maison d’accueil Hejmo et nos Maisons Simba, qui mettent l’accent sur le maintien des fratries unies.


Nos objectifs

  • Nous voulons inscrire dans la loi le droit des frères et sœurs de grandir ensemble. Pour ce faire, nous travaillons notamment en étroite collaboration avec Bernard De Vos, délégué général aux droits de l’enfant de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
  • Nous voulons chercher des solutions avec l'ensemble du secteur de l’Aide à la jeunesse dans le but de lever les obstacles à la prise en charge des fratries.
  • Nous voulons inciter l’Aide à la jeunesse à investir davantage dans la force des relations familiales. Nos 70 années d'expérience dans l'accueil des enfants nous ont appris que la famille d'origine est cruciale pour l'avenir des enfants, même si cette situation est complexe.

Envie de contribuer à ce projet ?

Contactez Jolien Potemans, coordinatrice du projet, par e-mail à l'adresse jolien.potemans@sos-villages-enfants.be ou par téléphone au 02 639 09 70.

Chaque enfant a besoin d'une famille pour bien grandir.

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