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L'introduction des parents d'accueil professionnels dans l'Aide à la jeunesse

En Belgique, lorsque les enfants ne peuvent plus grandir avec leurs parents, il leur arrive souvent d’être hébergés au sein de grandes collectivités. Avec l'introduction des parents d'accueil professionnels, nous développons une alternative qui répond mieux aux besoins et aux désirs des enfants.

Une accueil familial et à petite échelle, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7

Les parents d'accueil professionnels prennent soin de deux à quatre enfants à la maison, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il s’agit de professionnels spécialisés dans la prise en charge des jeunes enfants, qui disposent de toutes les compétences pédagogiques requises. Et, outre leur personnalité et leurs connaissances, ils disposent aussi du temps nécessaire pour offrir aux enfants tous les soins et l’attention dont ils ont besoin.

Ce sont des adultes de référence auxquels les enfants peuvent faire confiance. Ils leur offrent la stabilité nécessaire pour nouer des relations saines et accordent la priorité à leur développement.

L'accent sur les tout-petits

Ce type d'accueil est particulièrement bénéfique pour les jeunes enfants, car les grandes collectivités dans lesquelles ils sont souvent pris en charge aujourd'hui ne sont pas adaptées à leurs besoins spécifiques.

Emmaüs, acteur majeur dans ce secteur, le remarque aussi : « La prise en charge de jeunes enfants dans des collectivités comporte le risque de les voir développer des formes néfastes d’attachement. Si ce risque se concrétise, il peut avoir un impact sur les capacités sociales des jeunes, avec des conséquences durables à l’âge adulte. Ce n’est pas particulièrement lié aux efforts déployés par les éducateurs, mais plutôt au fait qu’ils ne peuvent pas être présents en permanence pour les enfants. Même si les institutions font de leur mieux, cela ne suffit pas toujours pour les tout-petits. Elles ne peuvent en effet pas leur offrir la chaleur d’un cadre familial ou la stabilité et la confiance d’une figure parentale. »

Cela entraîne des conséquences qui poursuivront les enfants tout au long de leur vie. Comme l’explique Céline Alvarez, experte en développement de l’enfant, le cerveau d’un tout-petit « a besoin de l'amour de l'autre pour se développer correctement. Parce qu'il se sent exister dans notre regard, parce qu'il est câliné, parce qu'il est aimé ; le cerveau de cet embryon social mature et développe ses pleins potentiels ».

Des propos que viennent confirmer les recherches scientifiques : sans amour, un enfant ne peut pas grandir. Grâce à cette nouvelle forme d’accueil, nous souhaitons justement améliorer cet aspect capital de la prise en charge des plus jeunes.


Qu'en est-il des familles d'accueil ?

Les familles d'accueil représentent certainement une bonne alternative aux grandes collectivités. Malgré le bon travail réalisé par Pleegzorg Vlaanderen, entre autres, un autre type d'accueil alternatif est toutefois nécessaire, et ce, pour trois raisons :

  1. Il n'y a pas assez de familles d'accueil. La liste d'attente de Pleegzorg Vlaanderen compte 324 enfants de zéro à six ans.
  2. Les familles d'accueil peuvent rarement accueillir plus d'un enfant. Les frères et sœurs ne peuvent alors pas grandir ensemble.
  3. Pour les petits qui sont en situation familiale difficile, la prise en charge par une famille d’accueil n’est pas toujours la solution la plus adaptée.

Les parents d’accueil sont souvent des volontaires, et ils n’ont donc pas nécessairement une formation leur permettant d’accompagner correctement ces enfants en difficulté.

« Le système d’accueil familial actuel ne garantit pas assez de stabilité aux enfants qui ont un lourd passé derrière eux », souligne Pleegzorg Vlaanderen. « Les familles d’accueil ont pris en charge trois cents enfants ces six dernières années. 29 % de ces placements ont pris fin prématurément : un pourcentage comparable aux chiffres de l’étranger, mais qui n’en reste pas moins très élevé. Dans 71 % des cas, les problèmes de comportement étaient la cause principale de ces ruptures prématurées. »

Il est donc très important que les parents d’accueil aient un bagage pédagogique suffisant pour permettre à ces enfants de grandir en paix. Or, tout le monde ne l’a pas forcément.


Notre ambition

Bien sûr, nous ne développons pas ce projet seuls. L’Aide à la jeunesse, Pleegzorg Vlaanderen, l’agence Kind en Gezin et bien d’autres acteurs suivent de très près cette initiative. Nous partageons tous la certitude que nous pouvons changer la manière dont nous organisons l’accompagnement des enfants, en mettant davantage l’accent sur leurs besoins spécifiques.

Notre souhait est que, d’ici quelques années, des centaines d’enfants grandissent au sein d’une famille d’accueil sûre et professionnelle, et ce, malgré leur situation familiale difficile. Si notre projets pilotes avec nos parents Simba (notre vision des parents d'accueil professionnels) porte ses fruits, nous fournirons ainsi un modèle dont pourront s’inspirer les autres acteurs de l’Aide à la jeunesse.

Ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde sont ceux qui y parviennent.

Steve Jobs

Chaque enfant a besoin d'une famille pour bien grandir.

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