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Parentalité positive

Mon adolescent·e se renferme sur lui ou elle-même : quand dois-je m’inquiéter ?

Votre fille reste enfermée dans sa chambre toute la journée ? Votre fils claque les portes au moindre désaccord avec vous ? Il n’y a généralement pas de raison de s’inquiéter : il s’agit souvent d’un comportement typique de la puberté. Mais comment savoir s’il s’agit d’un comportement normal pour un·e adolescent·e ou si cela cache quelque chose de plus profond ? Nous avons posé la question à Ani Bosard, psychologue clinicienne et formatrice dans le cadre de notre projet « Mettre en place des pratiques de prise en charge sensibles aux traumatismes vécus par les enfants ».

Artikel pedagogie sept 2021

Les adolescents cherchent leur voie

Les adolescents se développent rapidement. L’adolescence représente un grand chamboulement global, aussi bien interne qu’externe (corporel, hormonal, affectif et neuronal). Cela peut parfois générer des insécurités chez eux et faire varier fortement leurs émotions.

« Les adolescents cherchent leur voie aux niveaux physique et socio- émotionnel en expérimentant, en passant du temps avec leurs amis et en s’opposant à leurs parents. Cela entraîne parfois des discussions mouvementées à la maison et des prises de tête pour leurs parents, explique Ani Bosard. Certains adolescents s’éclipsent parfois longuement dans leur chambre, ce lieu sûr dans lequel ils peuvent traiter tous ces changements. »

Quand le retrait tourne à l’isolement

« Cela ne devient inquiétant que lorsque l’adolescent·e s’isole totalement et coupe toute communication, même avec ses condisciples, prévient Ani Bosard. De plus, si votre enfant change soudainement et fortement, par exemple s’il cesse de prendre soin de lui alors que cela ne lui ressemble pas, il est important d’y accorder de l’attention. »

« Si vous observez que ce comportement se répète, cela cache peut-être quelque chose de plus profond. Un·e professionnel·le sera le ou la plus à même d’analyser la situation et de proposer une aide appropriée. »

« L’adolescence représente un grand chamboulement global. »

Ani Bosard, psychologue clinicienne

Que faire si mon adolescent·e s’isole ?

  • Essayez de créer du lien en organisant une activité que vous appréciez tous les deux.
  • Voyez si vous pouvez trouver du soutien auprès d’un autre adulte (un professeur de sport, un animateur de quartier…) qui pourrait vous aider à établir un lien avec votre enfant.
  • Exprimez vos préoccupations à votre enfant et créez de l’espace pour en débattre. Reconnaissez les différences qui existent entre les générations et donnez à votre enfant la possibilité de parler de sa propre expérience.
  • Partagez éventuellement vos propres expériences de l’adolescence et soyez compréhensif·ve.
  • Cherchez ensemble un documentaire ou un film dont vous pourrez discuter.

L’impact du coronavirus

Les mesures prises l’an passé pour lutter contre le coronavirus ont eu un impact sérieux sur les adolescents. « Leur processus de développement a été chamboulé, souligne Ani Bosard. Les parents jouent un rôle important en encourageant leurs enfants à reprendre le cours de leur vie pour qu’ils revoient leurs amis, trouvent la motivation de se lancer dans de nouveaux projets, comme les études ou les loisirs... »

Les signes préoccupants chez les jeunes de 13 à 18 ans

L’adolescence peut être une période difficile pour tout le monde. Il est important de faire la différence entre les défis habituels de l’adolescence et les réactions aux traumatismes. Voici quelques indicateurs auxquels vous pouvez être attentif·ve, notamment s’ils s’installent dans la durée et s’intensifient. Ils ne constituent toutefois pas la preuve qu’un traumatisme a eu lieu.

  • Un niveau inhabituellement élevé de colère, d’agressivité et de violence verbale et/ou physique envers les autres
  • Des pensées ou des actes suicidaires
  • Des comportements à risque, notamment d’ordre sexuel
  • Des relations amoureuses malsaines
  • Des automutilations
  • Des crises d’angoisse, des sentiments dépressifs ou une agitation forte
  • Des fugues
  • La provocation de bagarres
  • Des difficultés à établir des relations avec les autres enfants/jeunes
  • Une incapacité à envisager l’avenir (s’attendre à mourir jeune)
  • De l’aliénation et de la solitude
  • Une mauvaise estime de soi

Source : Child Welfare Information Gateway, “Parenting a child who has experienced trauma” (2014) : https://www.childwelfare.gov/pubPDFs/child-trauma.pdf

Vous trouverez plus d’informations et de conseils sur l’éducation des adolescents dans les brochures de Yapaka, disponibles au numéro 0800 20 000, à l’adresse telvert@cfwb.be ou via www.yapaka.be/thematique

Ani Bosard est psychologue clinicienne et formatrice dans le cadre de notre projet « Mettre en place des pratiques de prise en charge sensibles aux traumatismes vécus par les enfants ». Par ce projet, nous voulons donner aux professionnels de l’aide à la jeunesse des outils pour que les traumatismes éventuels des enfants reçoivent l’attention nécessaire dans le cadre de leur prise en charge quotidienne et que les enfants se sentent soutenus. Parce que les jeunes ont besoin d’un lieu sûr pour s’épanouir.

Contribuez à ce que des enfants livrés à eux-mêmes grandissent dans un foyer sûr et chaleureux

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