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Parentalité positive

Du statut d’enfant réfugié à celui de citoyen autonome

Jo Voets est orthopédagogue. Fort de ses années d’expérience dans l’aide à la jeunesse, il contribue à guider la Maison Hejmo, notre maison d'accueil pour enfants réfugiés, dans son action.

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L’intégration est un processus. Et il est important que chaque phase en soit respectée. Au moment où les réfugiés mineurs non accompagnés arrivent dans notre pays, l’intégration n’est pas l’étape prioritaire.

La première, c’est l’ACCUEIL : leur offrir la paix, la sécurité, assurer leur subsistance. Leur donner le temps de quitter peu à peu la dynamique du mode survie et de soigner leurs traumatismes.

La deuxième, c’est la PARTICIPATION : participer aux aspects normaux de la vie quotidienne dans leur nouveau milieu. Des choses toutes simples, comme aller faire les courses, cuisiner ensemble, explorer l’environnement.

Après la phase 1 (sécurité) et la phase 2 (découverte prudente du nouvel environnement), on peut tout doucement passer à la phase 3, l’INTÉGRATION. Intégration signifie adopter progressivement, au départ de sa propre identité, des éléments de la culture d’ici. D’une main, on s’accroche à ses racines, tout en tendant l’autre vers la nouvelle culture.

Quatre thèmes très importants

Au cours de ces trois phases, nous accordons une attention toute particulière à quatre thèmes spécifiques, car nous savons qu’ils sont de la plus haute importance pour les enfants qui ont dû fuir leur patrie.

  1. Le sentiment d’appartenance: après avoir dû quitter leur foyer, il est très important que les enfants retrouvent le sentiment d’être chez eux quelque part. C’est précisément pour cela qu’Hejmo propose un accueil à petite échelle, au sein d’une maison familiale.
  2. La capacité d’être soi-même: en mode survie, il n’y a guère de place pour l’expérience du « moi ». Nous aidons les jeunes à retrouver leur propre identité et à continuer à la construire, car c’est aussi le point de départ de leur intégration.
  3. L’acquisition de compétences: beaucoup de choses que les enfants ont apprises dans leur pays d’origine ne sont pas de mise ici. Nous les aidons à découvrir et à développer les compétences qui leur seront utiles ici.
  4. L’équilibre entre donner et recevoir: beaucoup d’enfants qui arrivent ici sont soumis à une énorme pression. Ils doivent profiter au maximum des opportunités de la « riche Europe » pour aider leur famille. Nous essayons de transformer cet état d’esprit en une culture de l’équilibre entre donner et recevoir.

Et, bien sûr, il y a aussi l’attention à porter au développement normal de l’enfant : lui apprendre à prendre soin de lui-même, à se respecter et à respecter les autres, à développer des compétences linguistiques. Car il ne faut pas oublier qu'outre leur statut de réfugiés, ils sont avant tout des enfants, des adolescents ou de jeunes adultes, avec toutes les « difficultés de croissance » propres à leur âge.

Chaque enfant a besoin d'une famille pour bien grandir.

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