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Familles en Belgique

Coronavirus : une nouvelle vie s’organise dans nos projets belges

Nos 45 éducateurs et parents d’accueil professionnels donnent le meilleur d’eux-mêmes pour continuer d’assurer la sécurité et de protéger la santé des jeunes de nos projets en Belgique.

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Tous les enfants « à la maison » 24/7

Jamais auparavant les projets belges de SOS Villages d’Enfants n’avaient été confrontés à une situation similaire. Comme tous les jeunes Belges, les enfants qui y grandissent ne peuvent plus aller à l’école, participer à des stages de vacances ou rendre visite à leur famille et à leurs amis. Nos équipes éducatives se sont donc rapidement réorganisées pour gérer les heures supplémentaires passées à la maison, mettre en place des cours à domicile et planifier des activités récréatives afin de divertir les enfants. « Nos éducateurs méritent des applaudissements, souligne notre directrice Hilde Boeykens. En plus de s’occuper de leur propre famille, ils se sont rapidement et formidablement investis pour prendre soin des jeunes de nos projets. »

Tout en assurant un accompagnement 24 heures sur 24, nous avons dû mettre en place au plus vite diverses mesures d’hygiène : lavage des mains fréquent, plus d’embrassades et de câlins systématiques, maintien d’une distance minimale de sécurité… Ces changements représentent évidemment un challenge supplémentaire pour des enfants ayant un passé chargé. Ils représentent également un coût financier additionnel car nous devons veiller à ce que toutes nos activités fonctionnent dans le respect des règles d’hygiène.

« Nous cherchons d’autres manières de créer du lien pour motiver nos jeunes. »

Katrien Goossens, coordinatrice de la Maison Hejmo

Maintenir le contact avec la famille

Mais la plus grande difficulté réside dans le manque de contacts physiques entre les enfants et leur famille d’origine. Même si leurs parents ne sont plus en mesure de garantir complètement leur sécurité à la maison, ils gardent une place capitale dans leur vie. Nous mettons donc un point d’honneur à maintenir et à renforcer les liens des jeunes avec leur famille.

Cette vision est au coeur de notre projet Simba, dans lequel nous travaillons intensivement afin de rendre le retour à la maison possible. Il a donc fallu adapter notre approche durant le confinement : « Nous avons beaucoup parlé du coronavirus avec les enfants, raconte notre parent Simba Tina De Backer. Ils comprennent très bien que cela rend les gens malades et que nous devons rester chez nous. Les petits s’en sortent bien, même s’ils reconnaissent que leurs parents et leur famille leur manquent. L’un des enfants, âgé de quatre ans, résume très bien la situation : ″Je n’aime pas le coronavirus parce que personne ne peut venir me rendre visite et je ne peux pas voir papa et maman.″ »

Les équipes éducatives mettent tout en place afin de maintenir les échanges entre les enfants et leur famille malgré la distance qui les sépare : vidéos et appels via Skype et WhatsApp, messages, lettres… Voir et entendre leur famille donne aux jeunes du courage et du réconfort pour mieux vivre la crise. « Nous communiquons régulièrement avec les parents. Nous échangeons aussi des photos et cela fait plaisir tant aux adultes qu’aux enfants », ajoute Tina De Backer.

Het fotodagboek van de kinderen in ons SOS Kinderdorp Chantevent. Om privacyredenen houden we de namen en gezichten van de kinderen onherkenbaar.

Les éducateurs redoublent d’efforts

Pas de visites, pas d’école, pas d’activités extérieures : nos éducateurs et parents Simba doivent donc être présents 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour veiller sur les enfants. Plus de personnes sont dès lors nécessaires au quotidien alors que, dans le même temps, celles se sentant malades doivent impérativement rester à la maison pour des raisons de sécurité. Nous avons donc dû faire appel à des éducateurs supplémentaires.

Nous pouvons heureusement compter sur la mobilisation et l’engagement de nos équipes : « Elles sont très solidaires et savent à quel point il est important d’assurer la meilleure prise en charge possible pour les enfants, ajoute Natacha
Rossignol, responsable pédagogique du Projet Jeunes au Village d’Enfants SOS Chantevent. Les éducateurs présents redoublent d’efforts et de créativité pour trouver un bon rythme de vie avec les jeunes et rendre ces moments plus agréables. »

Dans la maison d’accueil pour mineurs réfugiés non accompagnés Hejmo, où les enfants sont déjà plus âgés, l’accent est mis sur une approche participative. « Pouvoir agir de façon autonome et prendre des décisions concernant leur propre vie est essentiel pour nos jeunes, explique Katrien Goossens, coordinatrice du projet Hejmo. C’est pourquoi nous appliquons la théorie de l’autodétermination. Nous motivons nos jeunes en nous concentrant sur trois piliers : l’autonomie, les relations sociales et le sentiment de compétence. Nous créons ainsi un environnement favorable à leur développement personnel. » Les adolescents et les éducateurs organisent donc ensemble le travail scolaire, les repas, les mesures d’hygiène et les moments de détente.

« Je n’aime pas le coronavirus parce que personne ne peut venir me rendre visite et je ne peux pas voir papa et maman. »

Un enfant de l'un de nos projets belges

Contact physique minimal, proximité émotionnelle maximale

Les équipes ne manquent pas d’idées pour développer des activités respectueuses des règles d’hygiène et de distanciation sociale. Les tout-petits des Maisons Simba jouent ainsi dans le jardin, vont se promener et font des bricolages pendant que les jeunes du Village d’Enfants SOS Chantevent construisent des cabanes dans les bois, s’amusent avec des jeux d’extérieur ou participent à des ateliers de création de masques en tissu.

Dans notre projet Hejmo, les adolescents jouent aux quilles avec leurs éducateurs et se lancent des défis quotidiens sur les réseaux sociaux. « Les mesures liées au coronavirus nous obligent à nous éloigner physiquement les uns des autres. Cependant, nous savons que la meilleure façon de motiver nos jeunes est de créer du lien. Nous avons donc cherché d’autres manières d’y parvenir. Notre devise actuelle est : ″Un contact physique minimal mais une proximité émotionnelle maximale″ », résume Katrien Goossens.

Nous développons aussi avec les enfants de nouveaux moyens pour exprimer leurs émotions à leur façon. Les jeunes de notre village d’enfants sont ainsi invités à se photographier chaque jour pour mettre en scène leurs émotions, leur humeur ou l’atmosphère dans le groupe. Un jeune peut par exemple poser avec un tee- shirt vert comme Hulk s’il est en colère, écrire un mot symbolique sur une feuille de papier, poser avec un oreiller s’il se sent fatigué…

Des paillettes sur les mains

Confrontée très tôt au coronavirus, l’Italie a été durement touchée par la crise. L’expérience et les pratiques de nos collègues italiens sont donc particulièrement enrichissantes. Nous avons par exemple instauré des petits jeux pour rendre les règles d’hygiène plus amusantes. Les éducateurs déposent ainsi des paillettes sur les mains des plus jeunes pour leur apprendre à se les laver convenablement pendant une minute.

Comme en Italie, nous avons aussi renforcé le soutien psychologique accessible aux enfants et aux éducateurs. « Il est capital d’entourer les jeunes qui présenteraient des signes d’angoisse ou de tristesse anormale, explique Natacha Rossignol. Notre psychologue est encore plus disponible durant cette période chargée. Nous sommes également très à l’écoute de nos éducateurs et prenons régulièrement des nouvelles de leur santé physique et mentale, car cette situation est difficile pour eux aussi. »

Un grand merci pour votre soutien

Nous faisons donc tout notre possible pour aider les jeunes de nos projets à surmonter ces épreuves et à en sortir plus forts. Merci à toutes les personnes qui nous permettent d’y parvenir grâce à leur soutien ainsi qu’aux autorités pour leur réactivité. Nous pouvons ainsi préserver le coeur de notre travail : faire en sorte que chaque enfant puisse continuer de s’épanouir dans un cadre sûr, entouré de l’amour et des soins d’adultes de confiance.

Chaque enfant a besoin d'une famille pour bien grandir.

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