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Familles en Belgique

Ce qu'être seule représente à travers les yeux de Chin, qui a vécu dans l'aide à la jeunesse

Samedi matin... le soleil d'automne brille par la fenêtre et c’est avec plaisir que je m’installe pour écrire cet article en lien avec le hashtag #plusjamaisseuls. Écrire pour un monde meilleur, pour contribuer à mon échelle à un avenir meilleur pour les enfants, pour une organisation que je soutiens à 200 %. Je considère comme une reconnaissance de pouvoir expliquer, sur base de ma propre expérience, combien il est important d'avoir un prénom, d'être entendu et d'être reconnu.

Blogpost Chin

J’ai moi-même perdu ma mère à un jeune âge… Je venais tout juste d’avoir deux ans. Mon père, qui ne maîtrisait pas la langue et qui se sentait perdu dans la vie suite à la perte de ma mère, a pris la décision de poursuivre son propre chemin… seul.

J’ai connu cinq familles d’accueil différentes en six mois et la jeune enfant que j’étais ne savait plus ce qu'elle pouvait ou ne pouvait pas faire. Chaque famille avait ses propres règles... La famille du côté de ma mère en faisait aussi partie. Les circonstances les ont également amenés à décider que le reste de ma vie ne se poursuivrait pas à leurs côtés. Je suis finalement arrivée dans une autre famille d'accueil où je suis restée jusqu'à mes 19 ans. Peut-être pensez-vous que cela a été mon salut, et peut-être que cela l'a été en partie. Mais, pour moi, c'était comme le conte de Cendrillon... Beau à l'extérieur et sombre à l'intérieur.

En écrivant ces mots, je repense au passé et je réalise combien de fois je me suis sentie « seule ».

« Seule » parce que tu ne sais pas où est ta place.

« Seule » parce qu’ils ne trouvaient pas de points de repère en moi et que je n’en trouvais pas en eux.

« Seule » parce que je n’étais pas comprise.

« Seule » parce que les personnes que je pensais en mesure de me comprendre me manquaient.

« Seule » parce que j’avais peur de faire des erreurs.

« Seule » parce que je n’avais pas confiance en autrui et en moi.

« Seule » parce que j'étais devenue entretemps une personne qui cherchait à faire plaisir et à être bien vue.

« Seule » parce que je ne connaissais aucune émotion.

« Seule » parce que, dans ma vie d'adulte, je n'ai pas toujours pu donner de l'amour aux autres car je ne savais pas comment faire ou comment le gérer.

« Seule » parce que mon prénom, entre les quatre murs, n'a jamais été associé à l'amour ou au respect.

Se sentir seul, ce n’est pas seulement être seul. Beaucoup d’enfants peuvent être entourés et se sentir pourtant intensément seuls mentalement. Grandir dans un environnement non chaleureux et non attentionné peut les mettre en grand danger et peut menacer fortement leur développement et leurs choix d’avenir. Je parle d’expérience. Chercher à être bien vue m’a aussi amenée à faire de mauvais choix et je suis certaine que cela m’a également amenée à causer de la douleur à d'autres. Je réalise maintenant que, tant que vous ne vous aimez pas vous-même et que vous n’avez pas confiance en vous, vous chercherez éternellement à « être bien vu ».

Montrer au monde extérieur que les choses peuvent et doivent se passer autrement est désormais ma motivation, car chaque enfant et adolescent mérite d’entendre son prénom prononcé avec amour chaque jour et d’être reconnu. Et, ainsi, chacun sait comment il pourrait donner de l’amour aux autres dans ses relations futures.

Depuis un certain temps, je me replonge dans mon enfance et je remercie tous ceux qui ont fait de moi cette femme forte, puissante et, malgré tout, aimante. Car, peu importe les périodes dures ou difficiles dans la vie, si vous croyez en vous et apprenez à vous aimer, vous pouvez trouver la force et la paix en vous-même.

C’est aujourd’hui ma mission, ma motivation et mon travail avec Free Butterfly Child : aider les enfants qui rencontrent des difficultés, pour quelque raison que ce soit, à retrouver la paix intérieure grâce aux connaissances issues de ma propre expérience. Pour qu'un jour, eux aussi puissent être fiers de ce qu'ils sont ou de ce qu'ils sont devenus. Pour qu’ils puissent prononcer fièrement leur prénom et qu’ils sachent qu'eux aussi ont leur place sur cette Terre.

À vous qui me lisez : il est très important que nous prenions un instant pour nous rappeler que tous les enfants ne grandissent pas dans une famille chaleureuse. Soutenez la campagne autour du prénom de SOS Villages d’Enfants sur vos réseaux sociaux avec le hashtag #plusjamaisseuls ou rendez-vous sur le site www.plusjamaisseuls.be.

Mon prénom est Chin. Quel est le vôtre ?

Contribuez à ce que des enfants livrés à eux-mêmes grandissent dans un foyer sûr et chaleureux

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