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Familles dans le monde

Construire des communautés fortes pour changer la vie des enfants mendiants

De nouvelles perspectives d’avenir s’offrent à 1 500 enfants talibés et des rues.

Statistiques_Talibés_NL

Toumani avait cinq ans quand ses parents l’ont inscrit dans une école religieuse, loin de chez lui, dans l’espoir qu’il puisse bénéficier d’un enseignement de qualité et vivre dans de meilleures conditions. Malheureusement, son école a très peu de moyens financiers : elle n’a donc pas d’autre choix que d’envoyer Toumani et les autres élèves mendier dans les rues pour pouvoir répondre à leurs besoins essentiels. La situation de Toumani est loin d’être un cas isolé au Sénégal et au Mali : de nombreux enfants talibés (élèves d’un daara, une école religieuse) et d’enfants des rues vivent dans une grande pauvreté.

Les conditions difficiles des enfants talibés

Les conditions des enfants talibés se sont dégradées principalement depuis l’exode rural des années 1980 et 1990 : les daaras, qui vivaient de l’agriculture pour assurer la prise en charge et l’apprentissage du Coran par leurs élèves, se sont progressivement déplacés vers les villes.
Avec plusieurs conséquences pour les talibés : d’une part, ils vivent éloignés de leur famille et perdent petit à petit le contact avec elle. D’autre part, la principale source de revenus des daaras a disparu. « Le maître de l’école religieuse est alors contraint d’envoyer les élèves mendier pour que son établissement dispose d’un peu de ressources », précise Adeline Puerta, coordinatrice de nos projets au Sénégal et au Mali. Cela expose malheureusement les enfants à de grands dangers : violence, maladies, exploitation…

Mendier expose les enfants à de grands dangers.

Sensible depuis longtemps à la situation des enfants talibés mais aussi des enfants des rues, SOS Villages d’Enfants a donc
lancé en 2015 un projet audacieux soutenu en partie par l’Union Européenne. Quatre années de travail plus tard, il est temps de faire le bilan !

Deux pays, cinq régions, 1 500 enfants soutenus

Notre programme de réintégration des enfants mendiants a couvert cinq régions situées dans deux pays : Dakar, Kaolack et Tambacounda au Sénégal ainsi que Douentza et Mopti au Mali. Il a permis de changer positivement la vie de près
de 1 500 enfants des rues et des écoles religieuses !

Au coeur de ce projet inédit : assurer la protection des droits des enfants mendiants ainsi que les réintégrer dans le système scolaire formel et, quand cela est possible, dans leur famille. Nos équipes en Belgique et sur le terrain ont donc mis en place plusieurs actions concrètes pour atteindre cet objectif.

Un projet pour les enfants… et pour toute la communauté

Chez SOS Villages d’Enfants, nous sommes convaincus que la société a un rôle à jouer pour offrir aux enfants de
meilleures conditions de vie et de belles perspectives d’avenir. C’est pourquoi nous avons fait tout notre possible pour intégrer les personnes responsables des enfants dans notre projet : les familles, les maîtres d’école et même les communautés locales.

« Au Sénégal, de nombreuses femmes de la communauté se rassemblent spontanément pour aider les enfants en difficulté. Ces “marraines” lavent leur linge, leur offrent des repas, les emmènent chez le médecin… Beaucoup de petites associations similaires (appelées Organisations à Base Communautaire) existent également au Mali »,

Adeline, coordinatrice de nos projets

Soutenir ces initiatives locales était donc essentiel pour qu’elles puissent continuer durablement leurs activités auprès des enfants.

Nos équipes ont aussi sensibilisé et formé les personnes qui se soucient du bien-être des enfants à l’importance de défendre
les droits de ces derniers. 125 personnes prennent désormais part activement à la sensibilisation de la population aux droits de l’enfant : des journalistes, des membres des communautés locales, des représentants des autorités…

Une source de revenus durable

Pour assurer durablement aux enfants de la région de meilleures conditions de vie, nos collaborateurs sur place ont aussi accompagné les « marraines » sénégalaises, les Organisations à Base Communautaire, les maîtres d’école et les familles des enfants des rues dans le développement d’activités génératrices de revenus telles que l’élevage ou l’agriculture.

« En leur apprenant à cultiver en milieu urbain et en leur fournissant des semences et du matériel agricole, nous renforçons leurs capacités et les aidons à trouver des ressources financières. »

Adeline, coordinatrice de nos projets

Les communautés locales peuvent ainsi prendre en charge elles-mêmes les besoins des enfants et ceux-ci ne doivent plus mendier.


Retour à l’école

La réintégration des enfants mendiants dans le système scolaire classique était l’un des grands objectifs de notre projet. Nos équipes ont donc collaboré intensément avec les écoles formelles de la région pour permettre aux enfants des rues de retourner sur les bancs de l’école.

Elles ont également veillé à ce que des écoles communautaires de base soient créées au sein des écoles religieuses. Dans les daaras, les élèves ne reçoivent en effet qu’un enseignement religieux qui n’est pas suffisant pour s’intégrer ensuite pleinement dans la société.

Les enfants des rues peuvent retourner sur les bancs de l’école.

« Des instituteurs externes viennent enseigner aux enfants talibés les mathématiques et le français pour compléter leur apprentissage religieux. Nous nous sommes aussi assurés que les plus grands puissent intégrer facilement le monde du travail via des formations en menuiserie ou en mécanique. »
Ce sont donc 82 % des enfants mendiants qui ont pu retourner à l’école et mettre toutes les chances de leur côté pour se construire un avenir meilleur.


Des liens familiaux renforcés

Donner la chance aux enfants d’être réunis avec leurs parents était aussi un aspect capital de notre programme : lorsqu’elle est en mesure de prendre soin de ses enfants et de leur donner l’attention dont ils ont besoin, la famille d’origine est en effet le meilleur endroit où ils peuvent grandir.

Tous les enfants au Mali et 96 % des enfants au Sénégal, en particulier les enfants des rues, ont vu leurs liens familiaux renforcés. Cela ne signifie toutefois pas que tous les enfants ont pu être réunis avec leur famille, car beaucoup de parents ne peuvent malheureusement pas leur offrir un foyer sûr.

Quand la réunification n’était pas possible, un suivi psychologique et des activités socio-éducatives ont été mises en place
afin que les enfants aient à leur disposition une oreille attentive toujours prête à les écouter.

Une approche inédite et inspirante

Notre approche est unique : en plus d’appuyer les initiatives locales déjà existantes, « SOS Villages d’Enfants est l’une des seules organisations à créer une relation de confiance avec les maîtres d’école et à les soutenir pour qu’ils puissent, à leur tour, garantir le respect des droits de l’enfant », souligne Adeline.
Les résultats positifs de notre approche sont bien visibles : de nombreux daaras se sont proposés volontairement pour intégrer notre projet.

Notre projet se poursuit après notre départ

Même si nous mettons aujourd’hui un point final à notre programme, la population sur place continue d’écrire la suite de cette belle histoire : les familles, les maîtres d’école et les organisations locales sont désormais prêts à prendre le relais et à offrir un foyer sûr et chaleureux aux enfants.

Et c’est là le plus important : permettre à chaque membre de la société d’apporter sa pierre à l’édifice pour construire ensemble les enfants forts d’aujourd’hui et de demain.

 

Ce projet a été réalisé avec le soutien de l'Union Européenne

Chaque enfant a besoin d'une famille pour bien grandir.

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