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Vivre en autonomie après L’Olivier

Écrit le 14 avril 2026

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À 20 ans à peine, Lara prend déjà son envol. Après presque deux ans d’accompagnement de SOS Villages d'Enfants, la jeune femme a récemment emménagé dans son propre appartement. Une première expérience de vie en totale autonomie à laquelle notre équipe a tenté de la préparer au mieux. 

« Je commence à trouver mes marques, » commence Lara, enjouée. Le jour de notre rencontre, cela fait un peu plus de deux semaines qu’elle a déménagé. Une nouvelle vie commence pour la jeune femme : elle vit désormais en totale autonomie, sans l’accompagnement de SOS Villages d’Enfants dont elle a bénéficié à L’Olivier.

Les principaux avantages de son nouveau logement ? « C’est plus proche du centre-ville et surtout, le bail n’est pas limité dans le temps, » explique-t-elle. Même si elle se réjouit de sa nouvelle situation, quitter L’Olivier a quand même suscité un mélange d’émotions chez elle : « J’étais contente de partir car je savais que c’était que pour deux ans et pas pour toute la vie. Mais d’un autre côté, c’était mon premier logement à moi, où je me suis sentie en sécurité. C’était comme un cocon et ça m’a fait un pincement au cœur de le quitter. »

« C’était mon premier logement à moi, où je me suis sentie en sécurité. »

Lara, à propos du logement mis à disposition par SOS Villages d'Enfants

Une pression énorme sur les jeunes

Vivre seule, ce n’est pas ce qui fait peur à Lara, qui a appris très tôt à se débrouiller seule : « Quand on ne grandit pas dans des conditions « normales », on a tendance à grandir plus vite. On devient adulte malgré nous, » explique-t-elle.

Ce qu’elle dénonce en revanche, c’est la pression que le système met sur les jeunes comme elle quant à leurs choix de vie : « On attend de nous qu’on sache directement à 18 ans ce qu’on veut faire de notre vie, quelles études, etc. C’est difficile. Moi, j’ai 19 ans, bientôt 20 et je ne sais toujours pas ce que je veux faire de ma vie. Il faut nous laisser plus de temps. »

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Une montagne de défis à surmonter

Pour les jeunes comme Lara, les défis sont de taille à 18 ans. Quand beaucoup d’adolescents n’ont qu’à se soucier de choisir des études, eux doivent se battre pour trouver un toit. Dans un contexte de pénurie de logements accessibles, il faut parvenir à convaincre des propriétaires souvent réticents mais aussi réunir la garantie locative. En parallèle, il faut s’occuper de toutes les démarches administratives, sans rien oublier : CPAS, mutuelle, allocations, assurances, obligations fiscales,... Mais surtout, il faut arriver à gérer sa solitude et sa santé mentale.

Et c’est peut-être le plus difficile : « Quand il y a un cadre familial ou institutionnel, le jeune est poussé à se lever le matin et à aller en cours » observe Laura, assistante sociale à L’Olivier. Une fois seul, il faut un mental d’acier pour continuer à le faire. « Parfois, les jeunes s’isolent encore plus. »

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Avancer au rythme du jeune

Depuis des années, l’équipe de notre Projet jeunes plaide auprès des instances concernées pour avancer davantage au rythme de chacun. Car une transition trop rapide vers l’autonomie peut avoir de lourdes conséquences : conduites à risques, troubles du comportement alimentaire, et même passage à l’acte. D’autant plus que la plupart des jeunes concernés ont vécu plusieurs traumatismes durant l’enfance.

Pour pallier aux manquements du système, SOS Villages d’Enfants a mis en place à sa modeste échelle un accompagnement vers l’autonomie pour ces jeunes. L’objectif est clair : leur permettre de développer progressivement un réseau et d’apprendre à solliciter de l’aide.

Aujourd’hui, si Lara ne peut officiellement plus compter sur notre équipe, elle a mis en place d’autres soutiens, notamment auprès du CPAS et d’une autre association d’aide à la jeunesse. Un réseau solide qui lui permet d’envisager l’avenir plus sereinement, seule mais bien accompagnée.