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Le parcours de Lara, de la maltraitance à l’autonomie

Nous entendons leur SOS
Ensemble, nous pouvons répondre aux signaux de détresse d’enfants comme Lara. Ne les ignorez pas.


Enfant, Lara a connu des maltraitances. Grâce au soutien de SOS Villages d'Enfants, elle a ensuite appris à voler de ses propres ailes. Elle raconte son histoire et témoigne de l’importance de grandir en toute sécurité. « Je n’ai pas grandi dans de bonnes conditions, mais ça ne me définit pas. » 

Lara a grandi dans une famille où elle n’était pas en sécurité. N’ayant jamais connu d’environnement stable, elle a mis longtemps à réaliser que sa situation n’était pas normale et que cela pouvait changer.

Un comportement qui aurait dû alerter les adultes

« Je ne me suis jamais sentie concernée par ces sujets-là de maltraitance, » raconte-t-elle, en se souvenant du centre PMS qui intervenait dans son école. « Je n'ai jamais parlé de tout ce que je vivais. Mais il faut savoir qu'à cette époque-là, je ne parlais pas beaucoup. Enfin, ne serait-ce que bonjour, au revoir, c'était tout ce que vous auriez eu de moi. Même prendre la parole devant trois personnes, c'était compliqué. »

« J’étais fortement négligée, donc différente des autres. À chaque fois, on me laissait de côté. Tout ça aurait dû interpeller le PMS. »

Lara, à propos de son enfance

Rompre les liens familiaux pour aller de l’avant

Si Lara était aussi fermée au monde extérieur, c’est sans doute parce qu’on ne l’avait jamais encouragée à s’exprimer chez elle. « À la maison, on me disait : ‘Il ne faut pas le dire, il ne faut pas raconter tout ça, parce que sinon, ça ne va pas aller.’ » se rappelle-t-elle.

A l’adolescence, Lara a eu le courage de couper les ponts. « À un moment, je me suis dit, s'ils ont choisi de couler, c'est leur problème. Mais ils ne me prendront pas avec eux. »

Des débuts difficiles dans l’aide à la jeunesse

Malheureusement, une fois prise en charge par l’aide à la jeunesse, le parcours de Lara n’a pas été simple. « J'ai été ballotée de centre en centre. Je ne me sentais pas vue ni entendue, » résume-t-elle.

Lara se souvient surtout d’une éducatrice dont l’attitude ne l’a pas du tout aidée à se confier et à se reconstruire. « C'était vraiment Cruella d’Enfer. Quand elle était là, je l'évitais un maximum. »

Écouter sans interpréter

Comme 1 enfant sur 10, Lara a appris malgré elle à quel point il est important d’être vu et entendu en grandissant. « C'est vraiment ça qui fera qu'il aura confiance en l'adulte, » explique-t-elle, tout en précisant : « Il faut être à l’écoute, mais pas interpréter à leur manière ce que les enfants ont entendu ou vu. Et aussi éviter de parler à la place de la victime. »

Apprendre à vivre seule

En 2024, Lara a commencé à vivre seule à grâce à SOS Villages d’Enfants.  Avec l’équipe éducative de notre Projet jeunes, elle a découvert la vie en autonomie. Mais aussi le soutien d’adultes de confiance : « Ici, il y a vraiment beaucoup d'éducateurs bienveillants, qui sont là par choix. Parce qu'ils ont cette sensibilité, cette empathie aussi, » explique Lara. Avec eux, la jeune femme a appris à se dévoiler.

« En fait, j'ai l'impression de me reconnaître à travers eux. Et plus je m'y reconnais, plus je me sens à l'aise. »

Lara, à propos de l'équipe du Projet Jeunes de SOS Villages d'Enfants

Un nouveau départ

Lyne, psychologue, a accompagné régulièrement Lara, notamment pour faire le point sur sa santé mentale et ses difficultés éventuelles. Elle a noté une belle évolution : « Tu prends ton indépendance et malgré tes hésitations, par exemple par rapport à tes études, je vois que les choses ne sont pas figées. Tu en veux dans la vie. T'as la niaque, t'as envie de te battre, t'as envie de bien faire. Moi, je trouve ça inspirant. »

Un accompagnement qui a porté ses fruits : aujourd’hui, Lara a pris un nouveau départ et vole de ses propres ailes. Elle loue un petit appartement et envisage l’avenir plus sereinement, malgré les défis.

Lisez la suite du parcours de Lara