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Notre directrice Hilde Boeykens passe le flambeau à Marie Wuestenberghs

Écrit le 6 mai 2026

Deux femmes, une mission, un même slogan. Après près de 22 années à la tête de SOS Villages d'Enfants Belgique, Hilde Boeykens s’apprête à passer le flambeau à Marie Wuestenberghs à la fin du mois de juin. Une passation empreinte de sérénité, de fierté et d'un même engagement profond : permettre à chaque enfant de grandir en toute sécurité, ici et ailleurs. 

Une page se tourne 

Pour Hilde Boeykens, quitter SOS Villages d'Enfants Belgique après 22 ans n'a pas été une décision facile. « Ce n'est jamais le bon moment, mais il arrive un temps où il faut quand même passer le flambeau. Prendre cette décision a été le plus difficile pour moi. » Aujourd'hui, ce sont d'autres sentiments qui dominent. La sérénité, d'abord : « Je sais que je laisse SOS en bonne santé, avec une équipe solide et une nouvelle capitaine que je connais. » La fierté ensuite, en regardant le chemin parcouru : « Au moment de clôturer, on ose regarder en arrière. On a quand même réussi à faire pas mal de choses ensemble. » 

« Je sais que je laisse SOS en bonne santé, avec une équipe solide et une nouvelle capitaine que je connais. »

Hilde Boeykens, Directrice de SOS Villages d'Enfants pendant 22 ans

Un retour qui fait sens

Pour Marie Wuestenberghs, la nouvelle directrice, ce n'est pas tout à fait un nouveau départ. C'est plutôt un retour aux sources. Pendant dix ans, Marie a travaillé pour SOS Villages d'Enfants Belgique, en charge des programmes internationaux, avant d’évoluer vers d’autres horizons et de devenir maman. Mais les droits de l’enfant sont restés un fil rouge dans son parcours. « Les droits de l'enfant, pour moi, sont un continuum, explique-t-elle. « Revenir chez SOS Villages d'Enfants fait tout à fait sens. »  

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Même passion, même indignation 

Ce qui relie les deux directrices ? Les enfants. Hilde Boeykens en parle avec émotion : « J'adore les enfants. Je trouve qu’ils sont un cadeau pour nous tous. Et l’idée qu’on puisse leur faire du mal, ça me fait bondir. C'est ça qui m'a poussée à travailler pour SOS. » Un sentiment que Marie partage complètement.  

Elles sont aussi sur la même longueur d’ondes concernant la nécessité de leur offrir un environnement où grandir en toute sécurité. « C’est sur le terrain que j’ai compris qu'un enfant a besoin de sécurité émotionnelle et physique. Et pas uniquement de ses parents : aussi de l'école, de toute la société, » reprend Hilde. « Grandir en toute sécurité, c'est aussi grandir en ayant la garantie de pouvoir développer son propre potentiel, » ajoute Marie. « C’est également lié aux chances qu'on donne, ou qu'on ne donne pas, à un enfant. » 

22 ans : un mélange de fierté, de reconnaissance et de défis

Quand elle regarde en arrière, Hilde est surtout fière des victoires obtenues : du droit des fratries à rester ensemble en cas de placement à la construction d’une société plus sensible aux traumatismes, en passant par des partenariats internationaux solides, l’indépendance financière et la capacité à faire bouger les lignes en faveur des enfants. « On a construit tout ça ensemble. J'étais à la barre, mais sans une équipe forte, on ne fait pas grand-chose. » Hilde est aussi très reconnaissante envers les experts qui ont épaulé l’organisation, ainsi que les donateurs, entreprises et fondations. Sans eux, rien n’aurait été possible : « Ils ont toujours cru en nos rêves, en notre travail. » 

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Hilde n’oublie pas non plus sa famille, qui l’a toujours soutenue. Surtout dans les moments difficiles. Car si elle se dit optimiste de nature, elle reconnaît avoir connu des nuits sans sommeil. Notamment lorsque la fédération internationale a traversé une crise d'intégrité. « Là, j'ai mal dormi. Mais on a fini par y voir aussi des opportunités. » 

Des enfants vus et entendus en héritage

Si on ne devait retenir qu’une seule chose de son passage chez SOS Villages d’Enfants, Hilde choisirait ceci : « Que les enfants qui vivent des choses difficiles pendant leur enfance soient vraiment vus et entendus. Ils souffrent souvent en silence, n'osent pas parler de ce qu'ils ont vécu. Reconnaître qu’ils existent, savoir qu'on les écoute, qu'on les voit, ça fait une grosse différence. C'est ce que j'ai essayé d'apporter. J'espère que ça continuera après moi. » 

Marie la rejoint aussi sur ce point. C’est dans cette direction qu’elle veut continuer à faire avancer l’organisation : construire la confiance en écoutant et construisant ensemble, avec les enfants, les familles et les équipes.  

Continuer à rêver

Pauvreté infantile, instabilité géopolitique, urgence climatique : le contexte dans lequel SOS Villages d'Enfants intervient se complexifie. « L'enjeu sera de rester pertinents dans les solutions que nous apportons, de rester à l'écoute. Faire la distinction entre les mesures d'urgence et le recul nécessaire pour ne pas se disperser. Définir nos priorités. Identifier notre vraie valeur ajoutée, » explique Marie.  

« L'enjeu sera de rester pertinents dans les solutions que nous apportons, de rester à l'écoute. »

Marie Wuestenberghs, future directrice de SOS Villages d'Enfants

Le tout, sans oublier de rêver ! C’est un des principaux conseils de Hilde à Marie : « Oser rêver grand, même si ça semble perdu d’avance. » Des rêves pour SOS, Hilde en a encore. Le premier : continuer à construire une société sensible aux traumatismes. Notamment avec le Bijou de Ville, cette œuvre d’art conçue pour reconnaître la souffrance des enfants. « Il y a un potentiel énorme. Il faut un moteur pour changer les choses et SOS est bien placé pour être ce catalyseur de changement. » Hilde a aussi un autre souhait : continuer à investir dans la recherche et l'innovation. « Il y a peu de données disponibles pour vérifier que nos approches sont les bonnes. J'espère que SOS continuera à investir sur ces axes, qui renforcent non seulement notre travail, mais aussi le secteur tout entier. » 

Une mission qui ne s'arrête pas

Tout au long de notre conversation, le message est clair, partagé, intact : aidons les enfants à grandir en toute sécurité, ici et ailleurs. Une équipe solide est en place. Une nouvelle capitaine prendra bientôt la relève. Les rêves restent grands, et le cap identique : faire en sorte que chaque enfant soit vu, entendu, protégé, et puisse tracer son propre chemin.