Naître et grandir en toute sécurité grâce à l’Hôpital Mère-Enfant de Kara
Depuis 2006
SOS Villages d’Enfants Belgique soutient l’Hôpital Mère-Enfant (HME), où plus de 27 000 consultations sont organisées chaque année.Offrez un bon départ à des enfants au Togo
Alors qu'une personne sur deux n’a pas d’accès direct à des infrastructures de santé, le HME de Kara offre des soins de qualité à un prix abordable.Chaque matin ou presque, c’est la même scène qui se rejoue à l’Hôpital Mère-Enfant (HME) de Kara, dans le nord du Togo. Au compte-goutte, des femmes de tous âges traversent le site hospitalier. Seules, un enfant à la main ou attaché dans le dos.
Envoyées par d’autres centres de santé, certaines se déplacent de loin afin de bénéficier des meilleurs soins, pour elles ou leurs enfants. Il faut dire que l’hôpital est une référence dans cette région où la mortalité infantile est encore tristement élevée.
Assises les unes contre les autres sur les bancs de la salle d’attente, une trentaine de femmes attendent patiemment leur tour pour la consultation en gynécologie. Ce matin, certaines seront prises en charge par Monsieur Biloba. À quelques mètres de là, l’assistant médical procède à l’échographie d’une patiente, après avoir pris sa tension. Une routine pour lui qui est actif à l’HME depuis plus de 20 ans.
Un centre de référence pour les césariennes
Mais ce que Monsieur Biloba préfère dans son travail, c’est assister le gynécologue lors des césariennes, qui représentent 25 à 30 % des naissances dans cet hôpital : « Nous sommes devenus un centre de référence en la matière. Il n’est pas rare que d’autres structures réfèrent des cas compliqués chez nous. » Alors que l’hôpital comptabilise plus de 1000 naissances chaque année, une seule femme est décédée en 2025, et aucune en 2024.
Depuis son arrivée en 2003, Biloba a sans doute sauvé la vie de milliers femmes et d’enfants lors d’accouchements difficiles. L’assistant n’a pas compté mais il en garde ses souvenirs les plus marquants. Comme cette nuit où, rappelé en urgence, il a participé à l’opération d’une maman qui se vidait de son sang après avoir donné naissance à son troisième enfant. Ce sont des moments comme celui-là qui lui rappellent pourquoi il fait ce travail : sauver des femmes et permettre à des enfants de grandir avec leur maman.
Un enfant sur douze décède avant l’âge de 5 ans
Pendant ce temps, dans le service de pédiatrie, le Dr Kombieni reçoit un couple et leurs deux enfants. Inquiets, les parents sont venus consulter car leur nouveau-né est ballonné. Heureusement, après quelques examens pour écarter un diagnostic d'infection, le médecin peut les rassurer : le bébé avale simplement trop d’air lors de l’allaitement. Il suffira d’ajuster sa position pour que tout rentre dans l’ordre.
Malheureusement, tous les cas ne sont pas aussi anodins. Dans cette région du Togo, un enfant sur douze décède encore avant l’âge de 5 ans. La plupart des patients souffrent de paludisme, de malnutrition ou encore de drépanocytose, une maladie génétique aux complications extrêmement douloureuses et parfois mortelles.
Pas une journée sans un merci
Actuellement, le service d’hospitalisation pédiatrique affiche presque complet : 35 lits sur 36 sont occupés, 5 enfants sont pris en charge en néonatologie et une maman n’a même pas de lit. Mais le pédiatre, fraîchement arrivé à l’HME, ne se laisse pas abattre : « Chaque journée apporte de beaux souvenirs. Le plus gratifiant reste de voir un enfant guéri quitter l’hôpital avec sa famille satisfaite de nos soins. Il n’y a pas un jour où on rentre chez nous sans un merci. »