Aller au contenu

La revanche de Rémy, entrepreneur après une enfance difficile au Burundi

Écrit le 22 avril 2026

Aidez des enfants comme Rémy
Dans le nord du Burundi, SOS Villages d’Enfants accompagne 900 familles en détresse. Ensemble, nous pouvons offrir de meilleures chances à leurs enfants.

Rémy* a grandi dans le nord du Burundi. Son enfance a été marquée par un séisme : suite à la mort de son père, sa famille a basculé dans la pauvreté. Après des années de détresse, la chance a finalement tourné : à tout juste 20 ans, Rémy est devenu entrepreneur. Accompagné par SOS Villages d’Enfants, il a pu investir et peut désormais prendre soin de toute sa famille. « Aujourd’hui, l’avenir ne m’effraie plus. » 

*Son nom a été modifié pour préserver sa vie privée.

Au Burundi, 3 personnes sur 4 vivent dans la pauvreté. Un problème dont la famille de Rémy n’avait pas à se soucier à sa naissance. Ses parents possédaient de vastes terres agricoles et un commerce de pièces de rechange. La famille menait une vie confortable sur la colline Gasuru, et l’avenir de Rémy semblait tout tracé… Jusqu’à ce que son père décède et que tout bascule.

Une enfance faite de privations

Seule et démunie, la mère de Rémy doit alors se séparer du commerce de son mari et de ses terres, qu’elle n’a plus les moyens d’exploiter. Tout ce qui semblait autrefois couler de source, devient une épreuve au quotidien : s’assurer que chacun mange à sa faim, ne tombe pas malade, porte des vêtements à sa taille... La mère de famille est aussi confrontée à des choix cornéliens : elle ne peut pas se permettre d’envoyer tout le monde à l’école. La grande sœur de Rémy sera la seule à achever ses études secondaires.

Privé d’école, mais pas de rêves

Qu’à cela ne tienne, Rémy ne se laisse pas abattre. Avec son frère aîné, il décide de se lancer dans le commerce pour vendre des samoussas. Chaque jour, les deux frères se lèvent à l’aube pour préparer les petits beignets farcis avant de les amener à vélo jusqu’au marché de Kiremba. Un pari gagnant : les quelques milliers de francs de bénéfices quotidiens permettent à la famille de se maintenir à flot.

Une formation déterminante

C’est à ce moment que Rémy croise la route de SOS Villages d’Enfants et que sa famille rejoint notre programme de renforcement des familles. Impressionnés par le potentiel de Rémy, nos assistants sociaux lui proposent de suivre des formations. Initié à différents métiers générateurs de revenus, il découvre aussi les bases de la gestion financière. Un déclic pour le jeune homme : « Cela m’a ouvert les yeux », explique-t-il.

Des investissements pour un avenir meilleur

Aujourd’hui, Rémy a un nouveau rêve : ouvrir une vraie boulangerie. Et il s’en donne les moyens. Après avoir bénéficié d’un capital de démarrage de 1,5 millions de francs burundais (environ 440 euros), il a investi dans un terrain à bâtir et une parcelle agricole. En parallèle, il continue de vendre ses samoussas sur son petit étal ambulant. Une activité qui lui rapporte aujourd’hui un bénéfice de 800 000 francs burundais (environ 230 euros) par mois. Bientôt, il prévoit d’ouvrir un compte d’épargne et d’acheter une machine à pétrir pour automatiser sa production. « L’avenir ne m’effraie plus, il m’appartient, » conclut-il.

Image

Offrir les chances qu’il n’a pas eues

Les succès de Rémy profitent à toute sa famille. Grâce à ses revenus et aux récoltes de son champ, le garde-manger est à nouveau bien rempli. Et après des années de privations, la viande a même fait son retour à table. Rémy est aussi fier de pouvoir scolariser ses jeunes nièces. Il s’est même engagé à payer les frais scolaires, les fournitures et l’uniforme de la petite dernière, qui entrera à l’école l’an prochain. Une belle revanche sur la vie pour le jeune homme, qui n’a pas eu la chance de terminer ses études.