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Un choix qui a eu le temps de mûrir

Écrit le 23 mars 2026

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Certaines décisions mûrissent lentement. Pas en quelques mois, mais en plusieurs années. Ludwine Denaux (75 ans) a commencé à réfléchir à son héritage dès la fin des années 90. À l'époque, elle vivait au Salvador avec son mari. Elle y a vu la pauvreté, mais surtout son impact sur les enfants et les jeunes. Et cela ne l'a plus jamais quittée. Aujourd’hui, elle vit à Bruges. Dans son testament, elle a décidé de léguer une partie de son héritage à SOS Villages d’Enfants. Ce n’est pas un choix impulsif, souligne-t-elle. « Près de vingt ans se sont écoulés entre la première idée et la signature finale chez le notaire. Une décision pareille ne se prend pas à la légère. »

Une vie dédiée au traitement des traumatismes

Ludwine a travaillé toute sa vie dans le domaine de la psychiatrie. Elle a exercé la majeure partie de sa carrière aux Pays-Bas, où elle a notamment accompagné des jeunes souffrant de troubles alimentaires. Plus tard, elle a travaillé dans un centre spécialisé pour les personnes victimes de traumatismes liés à la guerre, parmi lesquelles des réfugiés et des demandeurs d'asile. C'est là qu'elle a pu constater les conséquences que peuvent avoir des expériences traumatisantes. Et à quel point le temps et le soutien sont nécessaires pour les surmonter.

« Chez les jeunes, on remarque souvent une énorme volonté d’aller de l’avant. Ils veulent apprendre la langue, se construire un avenir, trouver leur place. C’est impressionnant. »

Ludwine, qui a décidé de faire un legs à SOS Villages d'Enfants

« Chez les jeunes, on remarque souvent une énorme volonté d’aller de l’avant », raconte-t-elle. « Ils veulent apprendre la langue, se construire un avenir, trouver leur place. C’est impressionnant. » Mais on guérit rarement tout seul. Dans son travail, elle a appris à quel point l’environnement d’un enfant est important. « Chez les jeunes souffrant de troubles alimentaires, par exemple, on n’accompagne pas seulement l’enfant ou l’adolescent, mais aussi sa famille. Car la stabilité fait une énorme différence pour un enfant. » Une expérience qui explique pourquoi le fonctionnement de SOS Villages d’Enfants lui parle autant.

La famille avant tout

Dans la mesure du possible, SOS Villages d’Enfants met tout en œuvre pour permettre aux enfants de grandir au sein de leur propre famille. Une approche que Ludwine apprécie particulièrement : « La dernière chose que l'on souhaite, c'est d'arracher un enfant à son environnement », explique-t-elle. « Si l'on peut aider une famille pour qu'un enfant puisse rester chez lui, c'est souvent la meilleure solution. » 

Par ailleurs, elle insiste sur l’importance du soutien psychologique pour aider les enfants à surmonter ce qu’ils ont vécu. « Toute ma vie, j’ai vu à quel point un traumatisme peut avoir des répercussions profondes. C’est pourquoi je trouve important de ne pas se limiter à une aide pratique, mais de faire attention aussi à ce qui se passe dans la tête et le cœur d’un enfant. »

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« J'ai pris contact avec différentes organisations via Testament.be. Finalement, mon choix s'est porté sur SOS Villages d'Enfants. »

Ludwine

Les débuts au Salvador

C'est au Salvador que Ludwine et son mari ont abordé le sujet de leur testament pour la première fois. Là-bas, ils ont été confrontés à l’extrême pauvreté et à ses conséquences sur les jeunes.

« Cela nous a vraiment fait réfléchir », se souvient-elle. Le couple n’a pas d’enfants, mais ils sont tous deux issus de familles nombreuses : Ludwine vient d’une famille de quatorze enfants, son mari d’une famille de six. « Quand on partage un héritage entre autant de personnes, il ne reste finalement pas grand-chose », dit-elle avec pragmatisme. « Et puis, chacun s’est construit sa propre vie. » L’idée a mûri : ils voulaient consacrer leur héritage aux enfants et aux jeunes. Lorsqu’ils ont déménagé en Belgique, Ludwine a pris contact avec différentes organisations via Testament.be. Finalement, leur choix s’est porté sur SOS Villages d’Enfants. « En fait, cela s’est fait de manière très simple », dit-elle.

« C’est un choix qui doit mûrir. Il est important d’y adhérer pleinement. »

Une décision à mûrir

Pourtant, la décision finale a pris des années. Rien de plus normal selon Ludwine. « Quand nous avons commencé à en parler pour la première fois, c'était vers 1998. La décision définitive chez le notaire n’a été prise que bien plus tard », raconte-t-elle. « C’est un choix qui doit mûrir. Il est important d’y adhérer pleinement. » L’accompagnement dont elle a bénéficié pour la rédaction de son testament lui a été bien utile. « La partie juridique est complexe. Honnêtement, je n’y connais rien. C’est rassurant de savoir qu’il y a des gens qui réfléchissent avec vous et qui s’occupent de cet aspect. »

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Un engagement personnel

Bien que Ludwine ait passé toute sa carrière dans le secteur des soins, elle choisit aujourd'hui de s'engager dans un tout autre domaine. « J’ai fait ma part dans le secteur des soins », dit-elle. « Il faut aussi prendre soin de soi. C’est ce qu’on nous dit quand on prend l’avion : mettez d’abord votre propre masque à oxygène avant de vous occuper de l’enfant à côté de vous. » Aujourd’hui, elle est bénévole dans des associations culturelles à Bruges, où elle apporte son aide lors de concerts et de spectacles de jazz. « C'est convivial, on reste en contact avec les gens, et de temps en temps, on peut assister à un spectacle », ajoute-t-elle en souriant. 

Une étape logique

Lorsqu'on l'interroge sur son héritage, Ludwine fait preuve d’une grande modestie. « Je trouve que ce n’est pas grand-chose », dit-elle. « Ce ne sont que des étapes logiques. » Derrière cette modestie, il y a surtout une longue expérience qui a démontré à quel point le soutien, la stabilité et la compréhension sont importants pour les enfants en difficulté. La conviction qui résume sa décision ? « Les enfants sont l’avenir. Si toute une génération est perdue, la société perd quelque chose qu’elle ne pourra jamais tout à fait récupérer. »