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Retour à Chantevent : plongée dans les souvenirs de Lemia et Sylvine

Écrit le 13 janvier 2026

Offrez un lieu de vie agréable à des enfants comme Sylvine et Lemia
Contribuez à la rénovation du bâtiment Mélèzes-Sylvains, où Lemia et Sylvine ont tant de beaux souvenirs. 

Les enfants qui grandissent dans notre institution de Chantevent ont un point commun : pour des raisons diverses, ils ne peuvent pas rester chez eux. Il y a quelques années, c’était aussi le cas de Lemia et Sylvine, aujourd’hui âgées de 22 ans. Alors que le bâtiment où elles ont grandi est en cours de rénovation, elles partagent avec nous les meilleurs souvenirs de leur enfance et de leur adolescence à Chantevent.

« Ça fait bizarre de revenir au village » commence Lemia. « C’est toujours un peu nostalgique, ça rappelle des souvenirs, l’époque où on était insouciants. » La jeune femme a passé une grande partie de sa vie à Chantevent : « J’avais 4 ans quand je suis arrivée. Avant, j’étais dans une pouponnière à Bruxelles avec ma sœur. Je n’ai pas vraiment de souvenirs de notre arrivée ici, mais je sais qu’on nous a donné une peluche pour qu’on se sente bien. »

Placée au village à l’âge de 14 ans, Sylvine a des souvenirs beaucoup plus précis de son arrivée : « Je me souviens d’avoir été super bien accueillie, même si au début, je n’avais pas du tout envie de venir ici. J’étais triste de partir de chez mon papa. » 

Plein de bons souvenirs

Si la mémoire lui fait défaut quant à son arrivée, Lemia ne manque pas de souvenirs de Chantevent : « On a grandi dans un petit groupe, où on avait chacun notre espace et en même temps on était ensemble, et ça faisait vraiment du bien. On avait tous plus ou moins le même âge dans le groupe, alors on a grandi ensemble, à notre rythme. On se sentait bien, » raconte-elle. « Pour moi, ici, c’était ma maison. »

« J’ai plein de bons souvenirs, par exemple quand on allait chercher notre argent de poche et que j’achetais des bonbons à la petite épicerie de l’école. Pour fêter les anniversaires, on pouvait inviter des amis de l’école. Une fois, on avait même organisé une chasse au trésor pour moi dans le jardin ! »

Lemia se rappelle aussi de visites de personnalités un peu spéciales, comme la Reine Mathilde, et d’invitations VIP à certains événements : matchs du Standard, d’Anderlecht, ou spectacles du Cirque du Soleil : « On était toujours ravis, et on s’en vantait un peu à l’école ! C’était vraiment chouette. Mais ce que je préférais, c’était Noël. C’était incroyable, il y avait des décorations partout ! Quand on rentrait de l’école, on découvrait le sapin, les maisons décorées... On faisait de la luge et des bonhommes de neige, » raconte-t-elle, les yeux pétillants. 

Une influence décisive 

De son passage à Chantevent, Sylvine, elle, retient surtout les rencontres : « J’ai eu de la chance de tomber ici, j’ai fait de super rencontres. C’était génial de vivre ici, je n’ai que des bons souvenirs. Je suis arrivée dans un bon groupe. Je suis contente d’être tombée sur eux. Je ne regrette pas du tout d’être venue vivre ici. »

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Pour elle, il n’y a pas de doute : Chantevent a changé le cours de sa vie. « J’ai appris à me débrouiller à Chantevent. Je sentais que j’étais en sécurité et ça m’a aidée à bien évoluer. J’étais bien entourée et je savais que je pouvais parler aux éducateurs ou aux autres jeunes si j’en avais besoin. »

Une institution différente  

« On ne se rend pas compte de la chance qu’on a de grandir ici et pas dans un autre centre, où c’est beaucoup plus strict » reprend Lemia. « Ici, on avait toujours du temps pour moi. Les éducateurs étaient à l’écoute, je savais où je pouvais aller chercher du soutien si j’avais besoin d’aide. Même maintenant, je sais qu’on peut toujours compter sur eux. Encore cette année, ils ont donné un coup de main à ma sœur. » 

Une chambre à soi

Disposer d’un espace à soi est important pour le développement d’un enfant, surtout à l’adolescence. Lemia comme Sylvine gardent un souvenir très précis de leur chambre au village. « Je la vois encore, » se souvient Sylvine. « Les murs étaient jaunes, j’avais un lit assorti à ma garde-robe et à côté, un petit panier où je mettais mes bonbons. »

Lemia a eu la même chambre de 4 à 15 ans : « Ma chambre était tout en haut, j’y ai passé toute mon enfance. Elle était rose et il y avait des princesses collées sur les murs. Le soir, j’aimais bien regarder dehors par la fenêtre. »

D’ici quelques semaines, une fois la rénovation achevée, 15 enfants pourront aménager leur chambre dans le bâtiment Mélèzes-Sylvains, où ont vécu Lemia et Sylvine. Un espace rien qu’à eux où ils créeront à leur tour de beaux souvenirs.