Aller au contenu

Les soins commencent par la compréhension, pas par la guérison

Écrit le 28 janvier 2026

Soutenez des jeunes réfugiés non accompagnés
Grâce à nos équipes et à notre psychologue Chris, ils peuvent se reconstruire au sein de nos projets Hejmo et Hejmo +.

Le psychologue Chris Noorduin travaille au quotidien avec des personnes ayant fui leur pays ou issues de l'immigration. Son travail dans le cadre de nos projets Hejmo et Hejmo + part d'une conviction : le bien-être est toujours déterminé par la culture. « Tout est culturel », explique-t-il. « De la façon dont nous ressentons la douleur à la manière dont nous cherchons à guérir. »

La culture comme élément clé

Selon Chris, la culture détermine la manière dont les gens vivent, expriment et gèrent leurs problèmes. La religion et la spiritualité jouent également un rôle crucial à cet égard. Même si elles occupent une place mineure dans la psychologie occidentale. « Chez nous, le deuil est psychologisé, alors que pour beaucoup de gens, il s'agit avant tout d'une question spirituelle : celle de la vie, de la mort et du sens. »

Du « je » au « nous »

Les soins de santé mentale partent souvent d'une vision individualiste de l'être humain. « Mais beaucoup de gens viennent de cultures collectives », explique Chris. « Ils cherchent un sens à leur vie dans la famille, la communauté et la foi. » Leur prise en charge ne peut vraiment fonctionner que lorsque les professionnels reconnaissent ce passage du « je » au « nous ».

Un espace sûr pour les enfants

À l'arrivée des familles ukrainiennes en 2022, Chris a contribué à la création d'un espace dédié aux enfants. « Jouer est pour les enfants ce que parler est pour les adultes », explique-t-il. « Cela les aide à assimiler leurs expériences et à renouer des liens. » Beaucoup d'enfants avaient cessé de jouer à cause de la guerre. Ce lieu sûr leur a permis de prendre un nouveau départ.

Des jeunes entre l'enfance et l'âge adulte

Dans nos projets Hejmo et Hejmo +, Chris travaille avec des réfugiés mineurs non accompagnés. Des jeunes qui ont dû devenir adultes sur la route pour fuir leur pays, mais qui doivent redevenir des enfants une fois arrivés en Belgique. « Ils cherchent à savoir qui ils sont et s'ils ont le droit d'être là », reprend-il. « Cette quête existentielle touche au cœur même de la santé mentale. »

« Quand les enfants recommencent à jouer, quand les jeunes osent à nouveau se montrer... alors je sais pourquoi je fais ce travail. »

Chris Noorduin,, psychologue chez SOS Villages d’Enfants


Apprendre de l'autre

Selon Chris, le travail transculturel élargit non seulement la prise en charge, mais aussi notre vision de nous-mêmes. « En écoutant vraiment, vous découvrez à quel point vos propres suppositions sont déterminées par votre culture. Il existe plusieurs façons d'être en bonne santé, de faire son deuil et de vivre. »

Un appel à l'humanité

Chris plaide pour plus de coopération, moins de pensée systémique et plus d'espace pour les rencontres. « Tout ne doit pas nécessairement être efficace ou nommé pour avoir un sens. » Il déplore également la frontière stricte entre la prise en charge des jeunes et des adultes : « La vie ne s'arrête pas à 18 ans. »

« C'est dans la rencontre que réside la guérison », conclut-il. « C'est ce qui rend ce travail si précieux. »