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Le déclic de Joseph : un tournant dans l’enfance de Kelly et Perrine

Écrit le 4 août 2026

Un simple déclic
C'est tout ce dont certaines familles au Burundi ont besoin pour que leurs enfants puissent s'épanouir, comme Kelly et Perrine. Avec votre soutien, nous pouvons les accompagner.

De grands yeux noirs et pétillants. Le regard vif, un peu espiègle, le sourire franc. Perrine et Kelly* (12 et 14 ans) respirent la joie de vivre et la confiance en soi. Tout dans l’attitude des deux sœurs, très complices, laisse imaginer une enfance paisible, en toute sécurité. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. Pendant des années, elles ont grandi dans la crainte des colères de leur papa.

*Leur nom a été modifié pour protéger leur vie privée  

Kelly et Perrine* vivent au nord du Burundi, sur la colline Ruganigwa. Comme beaucoup de jeunes adolescentes au Burundi, elles partagent leur temps entre l’école et les corvées ménagères à la maison. Si elles étudient aujourd’hui assidument et mangent à leur faim, les deux sœurs n’ont pas toujours eu cette chance. Et c’était loin d’être leur seul souci.

Le cercle vicieux des violences

Pendant que nous parlons avec Kelly et Perrine dans la cour de leur maison, leur papa les écoute en retrait. Dans son regard plein de douceur, on devine beaucoup de fierté. De la tendresse aussi, quand il joue avec ses deux cadettes, la plus petite lovée dans ses bras.

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Difficile d’imaginer, en voyant un papa si attentif et aimant, les moments sombres que la famille a traversés à cause de lui. Pourtant, Joseph l’avoue sans détours : pendant des années, il a été violent envers sa femme et ses enfants et a négligé ses responsabilités. 

« Avant, je menais une mauvaise vie. Je buvais et je ne me souciais pas des besoins de ma famille. »

Joseph, père de 5 enfants

Enfant, Joseph a été maltraité par sa belle-mère. Dès qu’il a pu, il s’est marié pour fuir son foyer. Mais les blessures du passé n’ont pas disparu, et il s’est réfugié dans l’alcool.

Des souvenirs douloureux

Sa femme et ses filles s’expriment également sans tabou sur cette période douloureuse : « Avant, papa n’était jamais là. Et quand il rentrait, il nous battait. Alors on fuyait la maison et on dormait dans les bananeraies, » se souvient l’aînée.

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Si les filles s’en sont sorties, c’est grâce à leur maman, Cécilia, qui s’est démenée tant bien que mal pour elles et leur frère. « Je me battais seule pour subvenir aux besoins de mes enfants. Nous vivions dans une hutte avec un toit en paille qui fuyait. Quand la pluie commençait à tomber, j’étais très angoissée. Je préparais un bassin pour récupérer l’eau et un parapluie pour protéger mes enfants. C’est terrible de devoir faire ça. » 

Le déclic de Joseph

Il y a cinq ans, ce quotidien était encore le leur. C’est à ce moment que la famille a été sélectionnée pour rejoindre le programme de renforcement des familles de SOS Villages d’Enfants au Burundi.

Puis, un jour, Joseph a eu un déclic : « Grâce aux sensibilisations, j’ai ouvert les yeux. J’ai compris qu’une famille, cela fonctionne avec deux parents. Que je devais parler avec ma femme et mes enfants. Je regrette vraiment mon comportement, » se confie-t-il.

Depuis, le père de famille a aussi bénéficié de formations en agriculture moderne et en maçonnerie. Aujourd’hui, sa famille vit dans une solide maison au toit de tôles, dont il est particulièrement fier. Ils possèdent un beau petit élevage et cultivent plusieurs terrains agricoles, qui permettent de nourrir toute la famille.

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Des parents plus unis que jamais

Désormais, Joseph et Cécilia avancent soudés. Le couple a recommencé à faire des projets, et a d’ailleurs eu deux autres petites filles, qu’ils élèvent dans la bonne humeur.

« Avant, tout ce que je gagnais allait dans l’alcool, » reprend Joseph. « Maintenant, je prends les décisions avec ma femme. Quand nous avons de l’argent, nous décidons ensemble comment l’utiliser. Notre priorité, c’est de nourrir les enfants et de les habiller, et ça ne cause plus de problèmes entre nous. » Cécilia confirme : « Mon mari ne vend plus mes récoltes sans m’en parler, on se concerte pour les dépenses. »

Des projets et des rêves pour une vie meilleure

Les parents prévoient aussi d’acheter un terrain pour leurs enfants, où ils pourront cultiver et construire leur propre maison. « J’aimerais que mes enfants aient une vie différente, qu’ils réussissent leurs études et soient heureux, » explique Joseph.

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« J’aimerais que mes enfants aient une vie différente, qu’ils réussissent leurs études et soient heureux »

Joseph, papa de Kelly et Perrine

Un souhait qui rejoint celui de ses enfants. Tandis que leur frère aîné est entré dans l’armée, les deux filles rêvent de grandes études. Perrine aimerait devenir médecin pour soigner les gens de sa communauté. Quant à Kelly, elle voudrait être enseignante, persuadée de l’importance d’apprendre et de transmettre ses connaissances : « Sans enseignants, on reste vide, » assure-t-elle.  

Pour l’heure, ce sont les vacances et leurs uniformes et leurs cahiers attendront bien rangés jusqu’à la rentrée. En attendant, Kelly et Perrine profitent de l’été à la maison et savourent le calme retrouvé avec papa, maman et leurs petites sœurs.