Comment Renaud a appris à se relever
Aidez des enfants comme Renaud à reprendre goût à la vie
Au Burundi, beaucoup d'enfants grandissent trop vite à cause des épreuves de la vie. SOS Villages d'Enfants au Burundi accompagne leur famille pour qu'ils puissent à nouveau être juste des enfants.L’enfance de Renaud*, dans le centre du Burundi, a été marquée par deux grands traumatismes : le décès de son papa, suivi de près par la destruction de sa maison. Grâce au courage d’Annociate, sa maman, et à l’accompagnement de SOS Villages d’Enfants au Burundi, leur famille a pu remonter la pente.
*Son nom a été modifié pour protéger sa vie privée
C’est sur les hauteurs de Jimbi, non loin de Gitega, qu’Annociate a reconstruit sa vie et celle de ses trois enfants. Terminée il y a deux ans, sa solide maison de briques rouges surplombe un paysage verdoyant et vallonné.
Si on lui avait prédit cela il y a dix ans, elle n’y aurait sans doute pas cru. À l’époque, elle élevait ses enfants avec son mari un peu plus bas, dans une petite maison au toit de paille. Comme pour beaucoup de familles dans les environs, la vie n’était pas facile. Mais le couple l’affrontait ensemble, envers et contre tous.
Plongés dans un grand désespoir
Maman et enfants restent discrets sur les circonstances du décès du père de famille, en 2019. Sans doute l’événement réveille-t-il trop de blessures, encore mal cicatrisées.
« Quand mon papa est mort, j’ai ressenti un grand désespoir, » confie Renaud, le deuxième fils d’Annociate. À l’époque, il n’avait que 7 ans. À son attitude sérieuse et réservée, on devine que l’insouciance de l’enfance est déjà loin. « J’ai failli abandonner l’école, je n’avais plus le courage d’étudier, » poursuit le jeune adolescent.
Le début de trois années de survie
Veuve à trente ans à peine, Annociate doit se démener pour élever seule ses deux fils et sa petite fille. Mais le sort s’acharne : des pluies torrentielles et un glissement de terrain ont raison de leur maison. Un nouveau drame qui a failli donner le coup de grâce à la jeune maman : « La vie était devenue extrêmement difficile. »
Ce n’est que trois ans plus tard qu’elle entrevoit enfin une solution durable, en découvrant les actions de SOS Villages d’Enfants. Sélectionnée pour participer à notre programme de renforcement des familles, elle suit des formations et reçoit un petit capital à investir. Un coup de pouce qui permet enfin à sa famille de sortir la tête de l’eau.
Renouer avec la stabilité
Aujourd’hui, la petite famille tente de laisser ce lourd passé derrière elle. Chez Annociate comme chez ses voisins, on vit au jour le jour. Entre les travaux des champs, les corvées d’eau et la préparation des repas, les journées passent sans qu’on s’en aperçoive. Si bien que Renaud n’a pas encore vraiment songé à son avenir, qui lui semble encore lointain.
Pourtant, le jeune homme ne reste pas les bras croisés. « J’aime aller à l’école car ça va m’aider à développer mes activités, » explique-t-il. Après que sa maman se soit lancée dans l’élevage, il n’a pas tardé à faire de même avec son grand frère. Les deux adolescents possèdent déjà poules, lapins et cochons. Grâce à leurs revenus, ils ont aussi pu s’acheter une parcelle où ils cultivent du maïs, des haricots et du manioc.
Retrouver l’innocence et le goût de la vie
Si son regard est souvent grave et soucieux, il existe encore un endroit où Renaud retrouve son innocence. Chaque dimanche, il retrouve ses copains au Club des Droits de l’Enfant. Un rendez-vous incontournable pour des dizaines d’enfants sur la colline, encadré par un volontaire qui alterne séances de sensibilisation et jeux.
Plutôt sérieux sur le terrain de foot, Renaud se prend au jeu à la course en sac et dévoile enfin un large sourire. Combatif, le garçon donne tout : il accélère, trébuche mais continue malgré tout jusqu’à la ligne d’arrivée. Aujourd’hui, Renaud n’a pas gagné, mais peu importe. Malgré les épreuves, il a appris depuis longtemps à se relever.