Babacar grandit dans un daara au Sénégal : « Ici, je me sens en sécurité. »
Soutenez des enfants comme Babacar
et offrez-leur l'opportunité d'apprendre le français et les mathématiques, en parallèle de leur éducation religieuse.Babacar a 13 ans et a trouvé une deuxième maison dans l’école où il grandit et apprend le Coran à Kaffrine. Pourtant, quand on l’a envoyé loin de chez lui il y a cinq ans pour son éducation religieuse, le jeune garçon a très mal vécu la séparation avec sa famille. Petit à petit, grâce à sa marraine et aux appuis de SOS Villages d’Enfants au Sénégal, il s’est ouvert aux autres et a appris à apprécier la vie en communauté.
Depuis cinq ans, Babacar vit dans l’école coranique à Kaffrine avec 15 autres garçons, enfants et adolescents. S’il est aujourd’hui épanoui et bien intégré au daara, il a connu des débuts difficiles à son arrivée, à l’âge de 8 ans. « Je pensais trop à mes parents. Je n’avais aucune envie d’être là », raconte l’adolescent, issu d’une famille d’agriculteurs à Diakhao, à environ deux heures de route en voiture.
Babacar faisait partie des premiers « talibés » (étudiants du Coran) accueillis dans l'école d'Ibrahima Faye, maître coranique : « Il était très triste et avait tendance à s’isoler et à rester en retrait. Il ne voulait parler à personne, cela affectait même son apprentissage », se souvient l’enseignant. « Je n’avais pas envie d’apprendre le Coran », explique Babacar.
Une première année difficile
À l’époque, Ibrahima Faye manquait cruellement de moyens pour accueillir les enfants qui lui étaient confiés. Au début, il n’était même pas en mesure de les loger et était contraint de les envoyer dans le quartier après les cours. Babacar avait la chance de pouvoir dormir chez sa grand-mère, mais ce n’était pas le cas de tous les élèves.
« Cela m’inquiétait beaucoup de les savoir dehors », se souvient le maître coranique. C’est donc avec soulagement qu’il a accueilli le soutien de SOS Villages d’Enfants au Sénégal, qui lui a permis de se lancer dans la culture du melon pour générer des revenus. « Beaucoup de choses ont changé depuis », témoigne Babacar. « On nous a construit un dortoir avec des matelas pour dormir et des toilettes. Le toit de paille de la salle de classe a aussi été remplacé par des tôles ondulées. »
Maintenir les liens pour mieux s’épanouir
En dehors des appuis matériels, SOS Villages d’Enfants a aussi insisté sur l’importance de maintenir les liens familiaux. Au Sénégal, il n’est pas rare d’envoyer ses enfants étudier loin de chez soi et d’éviter les contacts, en espérant favoriser une intégration rapide. Mais cela entraîne souvent un sentiment d’abandon qui complique les apprentissages.
C’est ce qui est arrivé à Babacar : « À son arrivée, c'était un enfant très renfermé. Même apprendre, réviser ses leçons, c'était difficile pour lui. Je suis restée à ses côtés et je l'ai aidé à apprendre, jusqu'à ce que Dieu fasse en sorte que SOS Villages d’Enfants intervienne. Depuis, ses parents viennent lui rendre visite et lui téléphonent. Tout cela l’a aidé à s’épanouir », explique Aïda Cissé, sa marraine.
Soutenir les marraines pour mieux aider les enfants
Comme la plupart des enfants talibés, Babacar peut compter sur le soutien d’une marraine. C’est le nom donné aux femmes de la communauté qui s’investissent bénévolement pour les nourrir, laver leurs vêtements ou les emmener à l’hôpital s’ils ont besoin de soins.
Aïda Cissé et ses voisines n’ont pas attendu SOS Villages d’Enfants pour s’activer en faveur des talibés du quartier. Pourtant, l’arrivée de l’ONG a fait une vraie différence dans leur quotidien : « Nous avons reçu un accompagnement sur le plan économique et des formations. Maintenant, nous avons notre propre caisse d’épargne destinée aux talibés. Nous avons aussi désigné une présidente, une trésorière et une secrétaire et nous nous réunissons régulièrement pour organiser nos activités de soutien aux talibés. »
Une deuxième maison et de nouveaux horizons
Aujourd’hui, Babacar a trouvé sa place au sein du daara. « Ici, je me sens en sécurité, c’est comme chez moi », assure-t-il. « Ce que je préfère au daara, c’est apprendre tous ensemble, et aussi me réunir avec mes copains pour jouer aux dames et au football. »
« Avant, je ne savais ni lire, ni écrire, ni compter en français. »
Babacar, 13 ans
Babacar a tant pris goût à l’apprentissage du Coran que c’est devenu sa matière préférée. Il aimerait d’ailleurs l’enseigner plus tard. Vivre au daara lui a aussi permis de découvrir les mathématiques et le français, grâce aux cours mis en place par SOS Villages d’Enfants au Sénégal : « Avant, je ne savais ni lire, ni écrire, ni compter en français. Aujourd’hui, je sais compter au moins jusque 200 ! » ajoute-t-il fièrement. Avec une moyenne de 9 sur 10, il a les meilleures notes du daara et aimerait intégrer prochainement l’école publique.