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Familles en Belgique

Josephine a grandi sans sa sœur : « Ils ont dit que nous étions trop proches. Mais en quoi est-ce mauvais ? »

26/11/2019 - Grandir avec ses frères et sœurs : cela semble évident mais, en réalité, cela ne l’est pas. Surtout pas pour les enfants de l’Aide à la jeunesse en Flandre. Selon notre récente enquête, trois enfants sur quatre n’ont pas eu la chance de grandir avec l’ensemble de leur fratrie. Josephine, 22 ans, en fait partie.

Josephine

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela faisait longtemps que ça n’allait pas à la maison. Il y a six ans, Josephine et sa sœur ont dû être placées dans une institution de l’Aide à la jeunesse. Normalement, elles ne devaient y rester que pour une courte période. Elles y sont pourtant restées jusqu’à leur majorité.

 « Je n’ai pas seulement laissé ma maison derrière moi. J’ai aussi été séparée de ma sœur », raconte Josephine. « Cela a été difficile. Nous étions inséparables : quand quelqu’un criait son nom ou le mien, nous nous retournions toutes les deux. Dans cette période où j’étais particulièrement vulnérable, je voulais être aux côtés de ma sœur. »

Pendant les quatre années passées en institution, Josephine a vu de nombreux frères et sœurs s’éloigner les uns des autres. « Les enfants n’étaient pas aidés ou incités à maintenir leurs relations fraternelles. Si vous n'aviez pas une très bonne relation et ne faisiez pas un effort conscient, vous n’étiez donc pas en mesure de rester en contact. Certains frères et sœurs devenaient de simples connaissances. Je ne voulais pas ça. Ma sœur et moi nous sommes beaucoup appelées et nous nous sommes envoyé très souvent des messages. »

« Je ne sais pas si je serais encore là sans ma sœur »

Josephine

Il y a pourtant eu des mois où elles se parlaient et se voyaient moins. « Un jour, j'ai reçu un message m’annonçant que ma sœur était gravement malade. J'ai pu aller la voir directement mais je me sentais énormément coupable. Pourquoi n'avais-je pas été là pour elle ? D’un point de vue émotionnel, nous nous sentons en sécurité ensemble. Si cela  échoue, garder courage devient difficile. Sentir qu’une partie de soi-même n’est pas là est indescriptiblement douloureux. »

« On ne nous a jamais expliqué clairement pourquoi ma sœur et moi devions vivre dans des institutions séparées. Quelqu'un nous a dit que nous étions trop proches. Mais en quoi est-ce mauvais ? Faut-il nous pénaliser à un moment où nos parents ne sont plus là ? »

« Ma sœur est comme ma mère »

Josephine

Josephine et sa sœur ont aujourd’hui la vingtaine et sont indépendantes. Elles se donnent des nouvelles tous les jours et se voient toutes les semaines. « Ma sœur est comme ma mère. Je sais que je peux toujours aller la voir. Nous avons vécu la même chose et nous nous comprenons. Mes parents sont disponibles d’un point de vue ″pratique″ mais pas émotionnellement. Ma sœur l'est. Je ne sais pas si je serais encore là sans ma sœur. »

« Je pense que pouvoir grandir avec ses frères et sœurs devrait être un droit. Pas une obligation, parce que tout le monde doit être d'accord. Si ce droit avait déjà existé, ma sœur et moi y aurions eu recours. Ces quatre années auraient été beaucoup plus supportables. »


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© Photo : Sebastian Steveniers

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