Nzinga Nzinga : renforcer les familles et l’environnement à Kinshasa, RD Congo

"La communauté doit être en mesure d’améliorer elle-même ses conditions de vie"

Nzinga Nzinga: renforcer les familles et l’environnement à Kinshasa

Le vendredi 29 janvier dernier, SOS Villages d’Enfants a donné le coup d’envoi d’un tout nouveau projet à Kinshasa : "Nzinga Nzinga". Le moment idéal pour demander un petit mot d’explication à Annelies, la responsable du projet.

Annelies, à quelle problématique Nzinga Nzinga apporte-t-il une réponse?

Nzinga Nzinga signifie "environnement" en lingala, la langue locale de Kimbanseke (Kinshasa). L’environnement est au centre du projet à deux niveaux.

D’une part, Kinshasa est confrontée à une pollution inquiétante de l’eau et des terres de culture. Sous l’effet de l’énorme croissance démographique, des monceaux d’ordures ménagères, d’excréments et de déchets jonchent les rues et se retrouvent dans les cours d’eau.

D’autre part, le changement climatique provoque de longues périodes de sécheresse, qui alternent avec des pluies violentes et des inondations. Ce ne sont donc pas de bonnes conditions pour l’agriculture traditionnelle.

Le fardeau le plus lourd repose sur les épaules des femmes – les mères et les jeunes filles – disposant de peu de moyens financiers.

Annelies Keyers

Quel effet cela a-t-il sur la population de Kinshasa ?

Le fardeau le plus lourd repose sur les épaules des femmes – les mères et les jeunes filles – disposant de peu de moyens financiers. Dans la plupart des familles, ce sont elles qui se chargent de l’eau, du bois de chauffage et de l’agriculture. Quand l’eau potable se fait rare, il faut plus de temps pour aller la chercher.

Quand les conditions d’hygiène sont mauvaises,les enfants sont les premières victimes. Et quand l’agriculture traditionnelle produit moins à cause du changement climatique, soit il faut travailler davantage, soit il y a moins à manger. Les femmes et les jeunes filles ont dès lors moins de temps et moins de moyens.

Et donc moins l’occasion d’aller à l’école, d’apprendre un métier ou de devenir financièrement autonomes. Leur santé souffre aussi de la pénibilité du travail. De manière plus générale, les familles les plus vulnérables,qui vivent principalement de l’agriculture,ne peuvent plus nourrir leurs enfants. Et encore moins leur offrir une alimentation variée.

Les familles créent aussi leur propre source de revenus

Annelies

Nzinga Nzinga s’adresse-t-il dès lors spécifiquement aux femmes et aux jeunes filles?

Oui et non. Le projet a une portée plus large. Il est axé sur le développement durable de quatre quartiers de Kinshasa. Dans ce cadre,nous accordons une attention toute particulière à la position économique et sociale de 200 enfants issus de 70 familles vulnérables, principalement constituées de mères seules avec leurs enfants.

Nous trouvons extrêmement important que la communauté s’approprie littéralement le projet. C’est pourquoi SOS le réalise en collaboration avec ASUREP : une association locale qui se bat pour de l’eau potable et la réhabilitation des communautés pauvres. Par ailleurs, Nzinga Nzinga encourage le travail avec des groupes de la communauté pour la sensibilisation et le renforcement économique. Pensez par exemple à un comité des droits des enfants, ou à un groupe d’agriculture collective.

L’objectif est que, à terme, la communauté dispose elle-même des connaissances et de la structure nécessaires pour continuer d’améliorer les conditions de vie des enfants vulnérables et de leurs familles.

D’où viennent les moyens financiers pour ce projet?

L’Agence wallonne de l’Air et du Climat (AWAC) le finance à 90 %. Nous finançons les 10 % restants via notre propre collecte de fonds.

Nous sommes par ailleurs encore à la recherche de 20 000 euros pour permettre aux 200 enfants de Nzinga Nzinga d’aller à l’école ou de recevoir une formation professionnelle. L’enseignement ne figure pas parmi les objectifs de l’AWAC, nous devons donc financer ce poste nous-mêmes.

Voulez-vous contribuer au projet pour que 200 enfants vulnérables de Kinshasa puissent aller à l’école?

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