SOS ouvre en Belgique une première maison d’accueil pour les enfants réfugiés

Michael
Michael
29 juin 2016

En 2015, 5 047 enfants sont arrivés non accompagnés dans notre pays. Soit près de trois fois plus qu’en 2014*. C’est pourquoi, à partir du 1er juillet 2016, SOS Villages d’Enfants se consacrera aussi à l’accueil de réfugiés mineurs non accompagnés en Belgique. Nicolina Jorissen, conseillère pédagogique chez SOS, nous présente le projet en dix questions et réponses.

1. Pourquoi des réfugiés mineurs ?

Nicolina Jorissen : « Dans le numéro de printemps de ce magazine, vous avez découvert comment SOS Villages d’Enfants soutient les réfugiés sur toute la route de l’exil : en Syrie, au Liban, en Europe de l’Est, dans les Balkans et chez nous, en Europe occidentale. Ces enfants méritent, comme tous les autres, un accueil et un accompagnement dans le respect de leurs droits fondamentaux. Avec une attention toute particulière pour leur développement, leur scolarité, leur santé, leurs loisirs et leur implication personnelle. On observe aujourd’hui un grand besoin de structures d’accueil qui offriraient à nouveau à ces enfants un foyer et un avenir. »

2. Où et combien d’enfants seront accueillis ?

« SOS Villages d’Enfants accueillera dix enfants. Il importe qu’ils soient en nombre restreint. Car nous voulons leur offrir un cadre familial, au sein d’un petit groupe de vie, avec suffisamment d’attention pour chaque enfant et des espaces colorés et personnalisés où chacun puisse trouver son espace d’intimité pour bien dormir. »

3. Quel âge ont ces enfants ?

« Nous nous concentrons sur les jeunes de douze à quinze ans. Ce sont en général les plus jeunes parmi les mineurs qui se trouvent dans notre pays non accompagnés d’un adulte. S’ils ont des frères ou des soeurs plus âgés (de moins de 18 ans), nous les accueillons aussi. Les fratries représentent un soutien important pour leurs membres, surtout dans les périodes difficiles. Nous voulons avant tout éviter de nouvelles ruptures dans les relations familiales. »

4. Où aura lieu l’accueil des enfants ?

« Nous accueillerons les enfants dans une maison familiale à Louvain, une maison tout à fait normale : lorsqu’on la voit, on ne remarque pas que c’est une maison d’accueil. »

Nous voulons avant tout éviter de nouvelles ruptures dans les relations familiales.

Nicolina Jorissen, conseillère pédagogique

5. Concrètement, qui s’occupe d’eux ?

« Les enfants sont entourés d’une équipe pluridisciplinaire. Cinq accompagnateurs s’occupent d’eux au quotidien. Nous veillons à assurer la diversité nécessaire sur le plan ethnique, linguistique et culturel. Pour l’accompagnement individuel (psychothérapie, logopédie...), nous faisons appel à des professionnels indépendants. Les cours de langue, les activités et le transport sont organisés par des bénévoles et d’éventuels ‘Buddy’s SOS’, des personnes qui s’engagent à jouer un peu le rôle de parrain ou marraine pour un enfant. »

6. Comment SOS finance-t-elle ce projet ?

« L’accueil de ces enfants s’inscrit dans le cadre d’une collaboration entre Fedasil et la Vlaamse Agentschap Jongerenwelzijn (agence flamande pour le bien-être des jeunes). Les autorités flamandes supportent les frais de personnel et de fonctionnement du projet et nous, nous en finançons l’infrastructure (location et aménagement de la maison d’accueil) avec nos propres moyens issus de la collecte de fonds. »

7. Quelle attention est accordée aux traumatismes ?

« Nous prenons en considération les éventuels drames vécus par chaque enfant avant et pendant sa fuite. Nous donnerons l’opportunité aux enfants d’extérioriser leurs traumatismes et de les surmonter grâce aux langages de l’art. Les enfants traumatisés ou qui éprouvent un stress post-traumatique seront accompagnés par des psychologues spécialisés. »

Nous investissons dans la résilience des enfants : leur faculté d'aller de l'avant.

Nicolina Jorissen

« Nous investissons par ailleurs dans la résilience des enfants : leur capacité à rebondir et à traverser les difficultés. C’est un principe très important, que chaque enfant a en lui. Nous les aidons à retrouver confiance en eux et en leurs capacités, à se découvrir des talents et des aptitudes. »

8. Quelles sont les difficultés qu’ils ont à relever ?

« Ils ont souvent vécu des choses terribles dans leur pays d’origine et pendant leur fuite : la guerre, la violence, la peur. Ils ont dû abandonner la sécurité de leur foyer, ont perdu leurs parents et ont dû poursuivre leur chemin seuls. Sans le soutien ou l’attention d’un adulte aimant. Ils doivent pouvoir intégrer et digérer tout cela.

L’arrivée en Belgique est stressante, elle aussi : ils n’ont aucune certitude quant à leur avenir dans notre pays (seront-ils reconnus comme réfugiés ?) et ils débarquent dans une société qu’ils ne connaissent pas. Ils doivent y trouver leur place, en dépit de mécanismes d’exclusion nombreux et fréquents, comme les préjugés, la discrimination et le racisme ordinaire.

Et puis, il y a bien sûr leur propre processus de développement, qui a été perturbé par l’exil et la perte des parents. Cela fait beaucoup de choses à gérer en même temps ! »

9. Qu’en est-il des contacts avec les parents et/ou la famille ?

« Nous essayons de mettre au plus vite les enfants en contact avec des membres éventuels de leur famille ici ou à l’étranger. Cela peut se faire par divers canaux : les réseaux sociaux, notre propre réseau international, la Croix-Rouge… »

10. Comment prennent-ils part à notre société ?

« Les enfants apprennent le néerlandais et rejoignent dès que possible l’enseignement normal. Pour rattraper le niveau, nous leur proposons un enseignement à domicile ou des classes d’accueil. Nous les aidons aussi à se trouver des hobbies et à nouer des contacts sociaux et des amitiés. Et à travers leur vie quotidienne au sein de la petite communauté qu’ils forment, les enfants se familiarisent tout doucement avec nos coutumes, les valeurs et les normes locales et ils tissent des liens sociaux. »

Voulez-vous nous aider à accueillir ces enfants dans un environnement sécurisé et stimulant ?

Faites un don
*Source : service des Tutelles et CGRA
Lire plus d'articles sur: Projets belges, Réfugiés

Devenez sponsor

et soutenez des réfugiés mineurs d'âge en Belgique par un don permanent

Votre numéro de compte
Paiement mensuel par domiciliation: Plus d'infos
Remarques