« Mon travail chez SOS me donne plus de satisfaction que n’importe quel salaire »

Maya
Maya
29 mai 2017

Maya Yamaguchi est devenue la directrice financière de SOS Villages d'Enfants l'été passé. Elle a quitté un poste à responsabilité chez Deloitte et confie son histoire au magazine Flair.

Je devais agir

« En tant que Bruxelloise, j’ai assisté au plus près à la récente crise des migrants. Chaque jour, je passais devant les camps de fortune des réfugiés, face à ces hommes, ces femmes et ces enfants sans toit, sans aide publique, sans rien. Mon coeur s’est brisé en découvrant au journal télévisé le sort du petit Aylan Kurdi, cet enfant de trois ans mort noyé sur une plage de Bodrum, alors qu’il tentait d’atteindre la côte avec sa maman. Cela aurait pu être mon fils. Le même âge, la même chemise rouge, le même short bleu. Cela aurait pu être lui. Je devais agir. »

À la recherche de satisfaction

« Mes parents ont travaillé avec acharnement et accordé une grande importance à la sécurité financière. Ils occupaient tous les deux un poste important et trouvaient essentiel que leursenfants bénéficient des mêmes ressources. Après mes secondaires, comme je n’avais aucune idée de l’orientation que je voulais choisir, ils m’ont conseillé les sciences commerciales. J’avais été bonne élève à l’école et j’ai réussi sans problème mes études supérieures.

Ma formation finie, j’ai intégré le service d’audit de Deloitte. Quatre ans plus tard, grâce à un avancement, j’ai rejoint le département Fusions & Acquisitions. Un changement qui impliquait de travailler sous une forte pression, avec des délais serrés et de réunions importantes. Mes journées étaient longues, mais j’aimais mon job. J’ai reçu chaque année une belle promotion, accompagnée d’une confortable augmentation. J’ai gravi les échelons jusqu’au poste de directeur, la plus haute fonction qui m’était alors accessible.

Je me suis assise à la table des directeurs financiers et des CEO des plus grandes multinationales, où j’ai conclu des transactions déterminantes. Quand, un jour, un collègue m’a demandé le nombre d’opérations financières auxquelles j’avais participé, j’ai été incapable de répondre, ce qui est plutôt inhabituel dans ce type de boulot. De retour à la maison, j’ai commencé à réfléchir à sa question. Je devais en être à soixante transformations d’entreprise. Un chiffre énorme, mais l’important c’est que cela ne m’apportait aucune satisfaction. »

Mon coeur ou ma carrière?

« J’ai alors décidé de m’inscrire en tant que bénévole dans un centre de réfugiés situé dans le quartier. Je devais travailler au milieu d’un grand dépôt et trier des centaines de sacs de vêtements. Une action certes utile, mais qui m’a fait prendre conscience que mes compétences pouvaient être mieux exploitées.

Via via, j’ai appris que l’ONG SOS Villages d’Enfants comptait recruter à moyen terme un nouveau directeur financier. Je sais ce que c’est de grandir dans un bon environnement, et j’adore les enfants, cet aspect humanitaire me touchait. Je leur ai envoyé une candidature spontanée.

Comme ils ne cherchaient pas à engager un successeur dans l’immédiat, il m’a fallu un certain temps avoir d’avoir des nouvelles et recevoir l’appel décisif me proposant le poste. Une offre qui aurait représenté l’aboutissement ultime pour de très nombreuses personnes. Mais qui a été synonyme d’un énorme dilemme pour moi. Choisir ma carrière ou privilégier mon coeur, en laissant derrière moi un quart de mon salaire, ma voiture de fonction, mon smartphone, ma sécurité et toute opportunité de continuer à gravir les échelons. Même si mes parents n’approuvaient pas vraiment, j’ai pris ma décision. Je voulais me sentir utile, c’était ma chance d’y parvenir. »

Avoir un véritable impact

« J’imaginais que mon travail se jouerait essentiellement derrière mon bureau, après quelques mois chez SOS, je me suis rendu compte que la réalité est tout autre. Pas parce que j’y suis obligée, mais parce que je le souhaite. Par l’intermédiaire des accompagnants, j’ai découvert les expériences de vie d’enfants et d’adolescents que personne ne voudrait connaître. Cela me motive à travailler encore plus et de manière plus concrète et tangible.

Et je vis sans cesse des moments qui me confirment que j’ai fait le bon choix. Comme en entendant cet adolescent Afghan arrivé en Belgique il y a à peine deux mois, après avoir fui son pays seul avec son frère. J’aime me dire qu’il se sent mieux grâce au fait d’avoir quelqu’un à ses côtés qui l’écoute et le soutient. Ça me rend mille fois plus heureuse que n’aurait pu le faire un énorme salaire ou une belle voiture. »

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