Crise des réfugiés : SOS Villages d’Enfants en première ligne

Michael
Michael
15 mars 2016

Fuir les bombes en Syrie, se risquer à traverser la Méditerranée sur une embarcation de fortune, parcourir à pied les Balkans de frontière en frontière et finalement chercher un nouveau foyer en Europe. Telle est la sombre histoire de millions de gens dont le foyer a été réduit à un champ de bataille. Avec ses actions d’aide en Syrie, au Liban et dans les Balkans ainsi qu’en Europe, SOS Villages d’Enfants est en première ligne de la crise des réfugiés.

Wael, touché en plein visage par un sniper
Lorsque Wael a été emmené à l’hôpital d’Aleppo, il était couvert de sang et sa mâchoire était cassée. Il a été touché en plein visage par un sniper et est resté 12 heures dans le coma. La maman de Wael : “Nous avons de la chance que SOS Villages d’Enfants nous aide. Depuis l’accident de Wael, ils sont restés à nos côtés. Ils ont payé son opération et nous ont trouvé un abri sûr. Ils sont différents des autres organisations humanitaires. Ils m’aident, en tant que maman seule, à garder la tête haute.”

Wael a peur que le sniper revienne pour le tuer. Il est angoissé et ne comprend pas pourquoi il n’arrive plus bien à rigoler ou à parler. Après 1 an, lorsque Wael est retourné à l’école pour quelques jours, des obus de mortier ont été tirés dans l’école. Trois enfants sont morts.

Dans un centre d’accueil SOS en Syrie
« Je me rappelle le jour où j'ai dû fuir comme si c’était hier », nous dit Hassan (12 ans). « Nous avons vite chargé quelques affaires dans le pick-up de mon oncle et avons foncé à toute allure dans les rues pour échapper aux obus. Mon père était assis à l’arrière sur la plate-forme du véhicule. Un obus est tombé tout près de nous, et un morceau de métal lui a perforé le cœur. Il a basculé au sol et il est mort. En pleurant, j’ai crié à mon oncle de s’arrêter. Il m’a répondu que j’étais fou. Les bombes continuaient de tomber. Poursuivre notre chemin était la seule option. Sur le moment, je ne me suis pas rendu compte que je voyais mon père pour la dernière fois. »

Hassan vit aujourd’hui avec son petit frère dans un centre d’accueil provisoire de SOS Villages d’Enfants à Damas, en Syrie. Après la mort de leur père, ils ont vécu deux ans chez leur grand-mère. Jusqu’à ce qu’elle non plus ne puisse plus s’occuper d’eux. Tandis que les garçons essaient de surmonter leur traumatisme, nos collaborateurs cherchent une solution pour les deux frères.

Leur avenir n’est donc pas encore assuré. Loin de là. Mais, pour le moment, ils sont en sécurité. Contrairement à des millions d’autres enfants. En Syrie, il y a aujourd’hui six millions de personnes qui fuient la violence. Quatre autres millions de Syriens ont déjà quitté leur pays (UNHCR). A titre de comparaison : c’est comme si toute la Belgique se retrouvait sans toit sur les routes de l’exil.

Dans un camp de réfugiés à Beyrouth, au Liban
Un million et demi d’entre eux cherchent refuge chez leurs voisins, au Liban (UNHCR), un pays qui couvre un tiers de la superficie de la Belgique. A voir tous les efforts qu’il faut à la Belgique pour accueillir 34 000 réfugiés (Fedasil), on imagine sans peine combien la situation est épouvantable aujourd’hui au Liban. Pour plus de la moitié de ceux qui y sont réfugiés, il n’y a aucune aide disponible.

Ammar (11 ans) ne le sait que trop. Il se trouve aujourd’hui avec sa maman et ses trois frères et sœurs dans un camp de réfugiés à Beyrouth. Son père est mort en Syrie. Devenu dès lors l’« homme » de la famille, il se sent responsable du sort des siens. Ammar : « Toute la semaine, je cherche des choses de valeur dans les immondices. Le dimanche, j’essaie de les vendre. Je suis le soutien de famille. Je n’ai pas le choix. »

Tandis que la famille tente de survivre, la mère d’Ammar se fait beaucoup de soucis pour son fils. « Une explosion a endommagé les muscles autour de son œil. D’après les médecins, il a besoin d’une opération dans les quatre ans, sinon il perdra son œil. Nous voulons poursuivre notre voyage jusqu’en Suède, où Ammar pourra être opéré avant qu’il ne soit trop tard. »

A un poste frontière dans les Balkans
Poursuivre le voyage jusqu’en Suède ?… Plus facile à dire qu’à faire. Premier obstacle : la Méditerranée. Un million de gens ont tenté la périlleuse traversée en 2015. Près de quatre mille sont morts noyés (UNHCR). Ensuite, traverser les Balkans de poste frontière en poste frontière : Grèce, Macédoine, Serbie, Croatie, et ainsi de suite. Parfois, les réfugiés reçoivent de l’aide. Toujours, ils affrontent la peur, la faim et l’épuisement.

Igor, secouriste au poste d’aide d’urgence de SOS Villages d’Enfants en Serbie, nous raconte l’histoire de Marita (13 mois). Dans le porte-bébé de sa mère, Marita est en route vers la frontière croate. Igor demande à sa maman si elle a besoin d’aide. « Désolée, nous devons continuer et traverser la frontière », déclare-t-elle, visiblement stressée et fatiguée. Igor insiste. Elle s’arrête, baisse les yeux et se met à pleurer. « Il y a trois jours, j’ai vu du sang dans les selles de mon bébé. Depuis, elle est constipée. J’ai peur. »

Igor la convainc de se reposer au poste de secours avant de poursuivre sa route. Il y a un docteur et des médicaments. La mère de Marita raconte à Igor qu’elle vient de Damas. Elle est en route depuis un mois. Le père de Marita est resté en Syrie. « Nous ne pouvions pas payer la traversée pour trois. Nous n'avons plus rien en Syrie. Notre maison, notre voiture, tout a été détruit. »

Le docteur examine Marita et lui donne le médicament approprié. Il demande à Igor de lui donner un peu de nourriture fraîche. C’est la nourriture du voyage qui rend Marita malade. Cette famille-ci aussi veut se rendre en Suède. Un oncle y est installé. Encore un long chemin à parcourir…

L’Europe, pays de Cocagne
En Europe, les réfugiés ne reçoivent pas toujours l’accueil auquel ils s’attendaient. Les passeurs leur vendent l’Europe comme un pays de Cocagne, mais la réalité n’est pas toujours aussi rose.

Préjugés et discrimination sont bel et bien présents dans l’opinion publique et dans les médias. Avec pour conséquence que beaucoup d’Etats membres européens posent une limite : ils ne se montrent pas disposés à étendre à l’infini leur capacité d’accueil. Les places sont donc limitées. Et la qualité de l’accueil laisse régulièrement à désirer. Surtout pour les enfants.

Un exemple : le 10 février 2016, une adolescente d’Albanie décrivait au Journal télévisé son séjour dans un centre d’accueil avec sept jeunes filles et 130 hommes. Nicolina Jorissen, conseillère pédagogique chez SOS Villages d’Enfants Belgique :

« De telles conditions de vie ne sont pas sûres pour des enfants. A fortiori pour des filles. Trop de gens réunis dans un espace confiné, dans une atmosphère dominée par le stress, le traumatisme et l’insécurité : cela entraîne inévitablement des problèmes. Et dans un groupe aussi important, les enfants ne peuvent jamais recevoir les soins et l’attention dont ils ont besoin. Surtout pas quand on connait les expériences traumatisantes qu’ont vécues beaucoup d’entre eux. Les enfants se retrouvent à nouveau dans des conditions non de ‘vie’ mais de ‘survie’. »

C’est pourquoi, en Europe, SOS Villages d’Enfants s’adresse surtout à ce groupe cible : les enfants réfugiés qui sont seuls, autrement dit les « mineurs non accompagnés ». Nous voulons que leur accueil et leur accompagnement se fassent dans le respect des droits de l’enfant.

Nicolina : « Nous les accueillons au sein de petits groupes de vie d’une dizaine d’enfants. Ils doivent avoir l’impression d’être non pas dans une institution, mais dans une famille. Nous pouvons ainsi offrir un accompagnement approprié à chacun d’eux. C’est indispensable : certains ont été témoins de crimes ou ont eux-mêmes subi des violences. Voilà pourquoi nous sommes très attentifs aux signes de traumatisme. D’autres ont simplement besoin de retrouver un sentiment de sécurité. Notre but est que chaque enfant rêve à nouveau d’un avenir, ici ou ailleurs. »

En Belgique aussi
En Belgique aussi, SOS Villages d’Enfants assurera bientôt l’accueil de mineurs non accompagnés. Nous en accueillerons dix en Wallonie et dix autres en Flandre. Et nous veillerons par-dessus tout à ne pas séparer les fratries. Dans les moments difficiles, frères et sœurs représentent en effet un important soutien les uns pour les autres.

Que fait SOS ?

SOS Villages d’Enfants en Syrie et au Liban

  • 1 200 enfants : sécurité d’un foyer, prise en charge des besoins élémentaires et enseignement dans quatre Centres d’accueil SOS
  • 7 250 enfants : accueil de jour, prise en charge des besoins élémentaires et soutien psychologique dans trois espaces dédiés aux enfants
  • 14 600 enfants : aide alimentaire
  • 100 mères : formation en couture comme source de revenus dans les camps de réfugiés

SOS Villages d'Enfants dans les Balkans et l'Europe de l'Est

  • 7 500 personnes : aide d’urgence en matière de nourriture et d’hygiène
  • 7 000 enfants : accueil de jour, prise en charge des besoins élémentaires et soutien psychologique dans deux espaces dédiés aux enfants
  • 150 familles : logement, soins médicaux, enseignement et soutien économique
  • 1 000 personnes par jour : contact avec la famille et informations via le poste de télécommunication

SOS Villages d’Enfants en Europe occidentale

  • 514 mineurs non accompagnés : accueil familial à petite échelle en Autriche, en Finlande, en Allemagne et en Italie
  • 160 mineurs non accompagnés : accueil prévu en 2016 en Belgique, en Norvège et en Espagne
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