Pourquoi Thomas ne défaisait jamais sa valise

Michael
Michael
12 mars 2018

Aussi loin qu’il s'en souvienne, Thomas* passait sans cesse d’une institution ou d’une famille d’accueil à une autre. Personne ne restait durablement dans sa vie. Même pas sa sœur Christine, qu’il ne voyait qu’une fois par an.

*Nom d’emprunt pour des raisons de respect de la vie privée

Des enfants sans maison

Lorsque Thomas et Christine étaient encore très jeunes, leurs parents n’ont plus pu prendre soin d’eux. Par respect pour eux, nous préférons ne pas raconter ce qui s’est précisément passé. Mais l’impact sur la vie des enfants est énorme : ils doivent continuer sans maman et sans papa. Au début, il n’y avait pas de solution durable. Pendant des années, ils se déplaçaient d’institution en institution, de famille d’accueil en famille d’accueil. Sans certitude, sans stabilité, sans véritable maison.

L’armoire restait vide

Depuis quelques mois, nous les accueillons dans notre village d’enfants en Belgique. Thomas et sa sœur y grandissent ensemble dans une famille SOS, auprès de Grégory, leur accompagnateur. Ce dernier explique que Thomas n’avait littéralement aucun vrai lien avec personne lorsqu’il est arrivé. Même pas avec sa sœur, puisqu’il ne la voyait qu’une fois par an.

Grégory : « Cela a duré des mois avant qu’il ne puisse se détendre chez nous. Il menait une vie presque mécanique. Il ne montrait pas d’émotions, ni de révolte pour des corvées comme sortir les poubelles. Il ne laissait entrer personne, ne racontait rien sur lui-même, et n’établissait pas de relations. Par peur de les perdre à nouveau. Il ne voulait même pas mettre ses vêtements dans l’armoire, mais les gardait soigneusement dans son sac de voyage. Sa petite valise était toujours prête au cas où il devrait à nouveau déménager. »

Il ne voulait même pas mettre ses vêtements dans l’armoire. Sa petite valise toujours prête au cas où il devrait à nouveau déménager.

Grégory, accompagnateur

Pouvoir enfin faire confiance à nouveau

Mais Grégory n’a pas baissé les bras. Thomas et Christine commencent doucement et prudemment à se sentir chez eux. Ils n’ont plus à se demander où ils dormiront le lendemain. Thomas commence à se sentir plus à l’aide et à davantage montrer ses sentiments. Il a tissé de vrais liens avec sa sœur, la seule personne au monde avec laquelle il partage un passé. Ils sont presque toujours ensemble maintenant.

Chaque matin, Thomas pousse un soupir de soulagement lorsqu’il voit que Grégory est à la table de la cuisine en train de boire son café. Soulagé qu’il soit encore là. Il court alors vers Grégory pour lui faire un gros câlin, comme si c’était le dernier. Il se cramponne à tout ce qu’il n’a pas eu pendant des années : un adulte à qui il peut faire confiance.

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