« Nous avons besoin de plus de maisons Hejmo »

Frank Mariën
11 septembre 2017

En août 2017, notre maison d’accueil Hejmo a fêté son premier anniversaire. Neuf garçons et filles de 7 à 17 ans y ont retrouvé la sécurité d’un foyer. Fort de ses vingt-cinq ans d’expérience dans l’aide à la jeunesse et aux enfants réfugiés, Redouane Ben Driss, psychologue et spécialiste de l’aide transculturelle, éclaire notre maison d’accueil de ses conseils.

« Quel est le point fort d’Hejmo ? » – Redouane répète notre question. « Hejmo est une maison d’accueil, pas un centre d’accueil. C’est une petite infrastructure, où l’on se sent comme en famille. »

Des propos qui nous ravissent. Car c’est exactement l’objectif de SOS Villages d’Enfants : offrir à des enfants qui ne peuvent pas grandir auprès de leurs parents un foyer chaleureux dans une ambiance familiale.

« Nous avons besoin de plus de maisons Hejmo », poursuit Redouane. « Car aujourd’hui encore, beaucoup de réfugiés mineurs en Europe séjournent dans de grands centres. En Allemagne, ces structures regroupent parfois deux à trois cents jeunes. L’accompagnement individuel des enfants est dès lors moins évidente. »

Le néerlandais comme lien

Un des premiers défis à relever pour une maison d’accueil comme Hejmo est de trouver un socle commun pour vivre ensemble. Redouane : « Parmi les accompagnateurs et les jeunes d’Hejmo, il y a un bon mix de cultures, d’âges et de genres. C’est important
cela leur montre tout de suite que d’autres personnes ont parfois une autre conception de la vie en société, de ce qui est la norme et ce qui ne l’est pas. Mais il faut aussi trouver un compromis. Ce n’est pas toujours le paradis, loin de là, c’est un processus, avec des hauts et des bas. »

Redouane Ben Driss est psychologue et spécialiste de l’aide transculturelle

Dans ce processus, la langue a un rôle important à jouer. Au sein du groupe, on parle beaucoup de langues différentes : anglais, français, arabe, farsi… « Mais celle qui nous soude », déclare Redouane, « c’est le néerlandais. C’est la langue de communication que tout le monde utilise lors des rencontres à Hejmo. C’est l’effort que nous faisons tous pour rendre le rapprochement possible. »

Mettre des limites

Cela ne veut pas dire que les enfants et les jeunes doivent oublier leur langue maternelle, bien au contraire. Redouane : « Nous considérons la langue et la culture de chacun comme une richesse. C’est un exercice d’équilibre, où nous essayons de réunir le meilleur de plusieurs mondes. »

Cela veut dire aussi mettre des limites. Parfois en effet, certaines conceptions culturelles sont difficilement conciliables. « Quelques garçons viennent par exemple de cultures très patriarcales », explique Redouane, « où les hommes détiennent l’autorité. Ils n’ont jamais rien connu d’autre. Lorsque, à Hejmo, ils constatent que la direction est aux mains d’une femme, ils ont du mal à l’accepter. Ici, on pose une limite : c’est elle qui a l’autorité et tout le monde doit respecter cela. Et ce respect est toujours réciproque. »

Nous considérons la langue et la culture de chacun comme une richesse

Redouane Ben Idriss

Contrat de vie en société

Après deux ou trois mois passés à faire connaissance et à tester les limites, les accompagnateurs et les enfants d’Hejmo ont conclu un contrat de vie en société. Il indique très clairement ce que les enfants et les accompagnateurs peuvent attendre les uns des autres, comment nous nous comportons les uns avec les autres et les limites que chacun doit respecter. Ce contrat est totalement participatif : c’est une rencontre et un compromis entre chaque enfant et chaque accompagnateur. Il forme la base de la vie en société à Hejmo.

Accorder de l’attention à chacun

« Hejmo veut t’aider à grandir pour devenir un être fort, autonome et intégré dans la société. Nous t’indiquons clairement le chemin à suivre, en nous concentrant sur les solutions au lieu de fonctionner par punitions et récompenses. Nous voulons ainsi te guider vers l’âge adulte. »

Un extrait du contrat de vie en société qui indique clairement la direction vers laquelle nous tendons avec Hejmo : guider les jeunes vers un avenir positif et prometteur. Redouane : « Cela veut dire aussi qu’au sein de la communauté, il faut accorder de l’attention à chacun. Rencontrer les jeunes un par un, être à l’écoute de leur histoire, leurs craintes, leur manière de penser, leurs rêves d’avenir. »

Les enfants réfugiés ont souvent vécu des situations très difficiles, dans leur pays d’origine puis sur la route de l’exil. Certains ont par conséquent besoin d’un accompagnement individuel. Ils ont bien entendu le droit à l’erreur. D’autres ont surtout besoin de pouvoir être simplement des enfants et de retrouver leur insouciance. Ils veulent être délestés de la lourde responsabilité qu’ils ont longtemps portée.

Tous ces jeunes ont parcouru des milliers de kilomètres pour arriver jusqu’ici

Le Care Effect

« Car bien qu’ils soient des réfugiés », explique Redouane, « ils sont aussi et avant tout des adolescents, avec tous les défis liés à leur âge. Nous devons continuer à croire en leur potentiel. Tous ces jeunes ont parcouru des milliers de kilomètres pour arriver jusqu’ici. Ils ont de la volonté et des objectifs clairs. Il faut les écouter et les soutenir dans la réalisation de ces objectifs. Si nous y parvenons, nous contribuons aussi à une société meilleure. »

Si nous y parvenons, nous aurons alors aidé des enfants vulnérables à grandir pour devenir des adultes forts et autonomes, capables de prendre leur place dans la société. Chez SOS Villages d’Enfants, c’est ce que nous appelons le Care Effect.

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