Écoutons-nous assez les jeunes comme Thomas, Leila, Kimberley et Roberto ?

Hilde Boeykens
Hilde Boeykens
8 mars 2017

Les jeunes qui grandissent dans l’aide à la jeunesse doivent vivre en autonomie dès l’âge de 18 ans. Et cela ne se passe pas toujours comme prévu. Le sujet a déjà fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois, mais les jeunes eux-mêmes ont eu très peu voie au chapitre. Comment perçoivent-ils leur vie dans une institution ? Quelles difficultés liées à leur situation ont-ils rencontrées en grandissant ? De quoi manquent-ils ? De quoi ont-ils alors réellement besoin ?

La série de documentaires néerlandophone Pano donne la parole à quatre jeunes qui ont quitté leur foyer. Quatre témoignages poignants de jeunes qui se sont retrouvés seuls très tôt. Qui, très jeunes, ne pouvaient plus compter sur les personnes les plus évidentes : leurs parents.

17 000 enfants grandissent dans l’aide à la jeunesse en Flandres
Avec des hauts et des bas, ils ont trouvé leur chemin, les uns plus facilement que les autres. Et aujourd’hui, ils vont bien. Plus ou moins.

Car à travers leurs histoires, vous entendez qu’ils se battent toujours contre la solitude et contre les préjugés, qu’ils n’arrivent pas à joindre les deux bouts, et qu’ils se battent contre les rouages de l’administration. Thomas, Leila, Kimberley et Roberto, ne sont malheureusement pas les seuls. Chaque année, 17 000 enfants et jeunes dans le nord du pays entrent en contact avec les services spécialisés de l’aide à la jeunesse, parce que leur maison n’est plus vraiment une ‘maison’, parce que leur foyer ne constitue plus une base de sécurité pour pouvoir grandir sainement.

Qu’est-ce qui est si difficile ?
Pourquoi les jeunes trouvent-ils difficile de franchir le pas vers une vie indépendante ? En tant que société, nous investissons beaucoup pour accueillir ces enfants et il y a beaucoup d’engagement et de bonne volonté pour les accompagner vers une vie d’adulte heureuse. Et pourtant, lorsque vous les écoutez vraiment, vous voyez et vous entendez qu’il y a beaucoup de manquements au système, malgré les bonnes intentions.

La voix des jeunes
SOS Villages d’Enfants et l’asbl Cachet ont pris le temps d’écouter ces jeunes sans a priori. Pendant deux ans, grâce à des groupes de discussion et des conversations informelles, des dizaines de jeunes ont partagé leur histoire. Les constatations qui sont ressorties de toutes ces histoires individuelles ont été testées à l’aide d’une enquête, remplie par 179 jeunes de l’aide à la jeunesse et par un groupe témoin de 400 jeunes « ordinaires ». De cette façon, la voix des jeunes a été traduite en chiffres et structurée.

Le but de cette étude n’est pas de juger le problème d’aujourd’hui, mais d’ouvrir à nouveau le débat, avec les jeunes.

Grandir comme tous les autres jeunes
Les résultats de l’étude parlent d’eux-mêmes : ces jeunes ne demandent qu’une seule chose, grandir le plus possible comme les autres jeunes. Dans un endroit où ils peuvent se sentir chez eux, où ils peuvent être eux-mêmes, où il peuvent être jeunes, avec des personnes autour d’eux qui sont inconditionnellement là pour eux, qui croient en eux et qui ne les considèrent pas comme des jeunes à problème avec un dossier. Et qui ne les lâchent pas brutalement lorsqu’ils ont 18 ans, mais qui font encore un bout de chemin avec eux pour qu’ils puissent voler de leurs propres ailes.

Vraiment les écouter
Le but de cette étude n’est pas de juger le problème d’aujourd’hui, mais d’ouvrir à nouveau le débat, avec les jeunes. De vraiment les écouter et d’examiner le système d’accueil et d’accompagnement actuel avec eux. Non pas seulement pour regarder ce qu’ils ont besoin en plus lorsqu’ils quittent le foyer, mais également pour oser regarder ce qui peut être fait dès qu’ils entrent dans l’aide à la jeunesse. Et ce que tout le monde peut faire, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’aide, c’est de laisser grandir ces enfants sainement et de les soutenir. Pour que tout le monde qui entre en contact avec ces jeunes, soient inspirés pour trouver des vraies solutions, qui aident vraiment ces jeunes et qui leur donnent le plus possibles les mêmes chances que celles dont bénéficient les autres jeunes.

Car ils le méritent.

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