La douleur est toujours atroce 

"Va dehors pour étudier un petit peu” sont les derniers mots que Yannick a entendu de la bouche de sa mère. Contrarié, il est sorti quand même parce qu’il n’avait pas envie de se disputer avec elle. Yannick et sa mère vivaient à deux dans une petite maison. Son père les avait abandonnés depuis longtemps. « Heureusement », avoue Yannick, « parce qu’il nous battait souvent, moi et ma mère ».  À deux, ils formaient une bonne équipe dans la vie quotidienne, malgré un handicap qui empêchait cette dernière de marcher facilement.

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Yannick se souvient qu’une fois dehors : “ la terre a commencé à trembler et il y a eu un épouvantable bruit». Derrière lui, la petite maison s’est effondrée, laissant sous les décombres sa mère qui avait été incapable de s’échapper à cause de son handicap.

Yannick était horrifié et s’est mis à courir dans la rue. Une tante s’est occupée de lui et l’a aidé à passé ces premiers jours très difficiles. Ils dormaient dans la rue et n'avaient presque rien à manger jusqu'à ce qu’ils reçoivent finalement de l’aide d'urgence dans un camp.

Il y a quatre jours, Yannick s’est finalement rendu dans un Village d’Enfants SOS. Il est très effacé et regarde calmement ce qui se passe autour de lui. Pendant la journée, il est assez calme mais la nuit, il fait beaucoup de cauchemars liés à ce qu’il vient de vivre. Il frissonne et vomit parfois.

Les psychologues de SOS Villages d’Enfants suivent désormais Yannick. Il sait et ressent qu’il est dans un endroit sûr où on prendra soin de lui. Mais il ressent la tristesse et le vide intérieur. 

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